Résultats du deuxième trimestre - La Scotia s'en tire mieux que la Banque de Montréal

Toronto — Les banques Scotia et de Montréal ont fait part hier de résultats contrastés pour un deuxième trimestre marqué par de difficiles épreuves pour l'ensemble de l'industrie bancaire canadienne.

La Scotia a enregistré une hausse de 11 % de son bénéfice net, qui s'est établi à 598 millions, comparativement aux 539 millions de la période correspondante de l'année dernière. Quant à la Banque de Montréal, ses profits ont fondu de 50 %, à 301 millions, en raison notamment d'une provision pour perte sur prêt de 140 millions liée à Téléglobe.


Seules deux des cinq plus grandes banques canadiennes peuvent se targuer d'avoir enregistré une hausse des profits pour le trimestre, soit la Scotia et la Royale (bénéfice net de 710 millions, en hausse de 14 %). La CIBC (baisse de 50 % des profits, à 235 millions) et la TD (profits de 132 millions, par rapport aux 359 millions d'il y a un an) ont grandement souffert de leurs mauvaises créances dans le secteur des télécommunications, tout comme la Banque de Montréal. La sixième banque canadienne en importance, la Nationale, divulguera ses résultats demain.


Dans le cas de la Scotia, l'amélioration de la rentabilité est également reflétée par le rendement des capitaux propres, qui a été porté à 18,3 % comparativement à 17,9 % il y a un an. Les revenus ont également progressé, pour atteindre 2,77 milliards, comparativement à 2,6 milliards.


Pour les six premiers mois de l'exercice, la Scotia affiche toutefois un bénéfice net en baisse de 399 millions, à 650 millions. Cette détérioration est en bonne partie attribuable à une charge après impôts de 540 millions qui avait été inscrite aux résultats du premier trimestre pour tenir compte d'une dévaluation de sa filiale argentine, Scotiabank Quilmes.





Grands défis


«De solides résultats ne changent pas le fait que deux grands défis se présentent à nous, a déclaré le chef de la direction de la Scotia, Peter Godsoe. Le premier défi concerne la situation d'une gravité sans précédent en Argentine. Nous ne connaissons que trop bien les conditions extrêmement difficiles auxquelles font face les Argentins, y compris les employés de Scotiabank Quilmes. Notre filiale Quilmes ne cesse de collaborer avec les autorités argentines afin de trouver tous les moyens de protéger les intérêts des déposants, des créanciers et des employés.»


«Notre deuxième défi — que doit relever toute l'industrie bancaire — se rapporte à l'instabilité des conditions de crédit dans certains secteurs, et ce, en raison du ralentissement économique. La prudence continue de déterminer la gestion de nos portefeuilles de crédit.»


À la Banque de Montréal, la mauvaise qualité des créances s'est traduite par une augmentation de 103 millions des provisions pour pertes sur prêts, qui ont été portées à 320 millions, soit 47 % de plus qu'au deuxième trimestre de l'année dernière. Téléglobe, qui s'est placée à la mi-mai sous la protection de la Loi sur les arrangements avec les créanciers des compagnies, représente à elle seule un risque de 140 millions pour la Banque de Montréal.