Reprise des travaux pétroliers en Gaspésie

Sans tambour ni trompette, le consortium des trois entreprises qui a pompé près de 500 barils de pétrole gaspésien lors d'un premier essai en 2006 a repris les travaux au cours des derniers jours pour déterminer le potentiel du puits.

Deux ans après la découverte près de Gaspé, les trois sociétés, Junex, Petrolia et Gastem, ont mis en place un projet de mise en valeur de cinq millions qui comprend notamment de nouvelles analyses sur le puits, baptisé Haldimand, et le forage d'un deuxième puits.

«Le financement n'était pas prêt à l'époque, a dit la semaine dernière le président de Junex, Jean-Yves Lavoie. L'entente qui avait été signée, aussi, n'était pas tellement élaborée. Alors, avec une découverte, on a renégocié. Il fallait que les choses soient bien faites.»

Nouveau contexte

Junex et Petrolia possèdent chacune 45 % du projet, alors que Gastem détient le reste. Le rôle de coordonnateur des travaux appartient à Junex.

À l'époque où le consortium a extrait ses 491 barils sur une période de 15 jours en mai 2006, le cours du baril de pétrole tournait autour de 70 $US. La reprise des travaux ces jours-ci se fait dans un contexte où le brut, malgré une chute de prix, se trouve encore à plus de 120 $.

Le puits, profond d'environ 1000 mètres, avait fourni environ 34 barils par jour, selon Junex. À cela s'ajoutait une quantité de gaz naturel équivalente à six barils additionnels.

«Le travail qu'on va faire cette année va permettre d'évaluer le gisement, si gisement il y a, et si ça vaut la peine d'aller plus loin. Ensuite, il faudrait définir un programme de développement», a ajouté M. Lavoie.

Le président de Junex estime que, si le puits était exploité à plein régime, le coût d'exploitation, à terme, se situerait sous 10 $ le baril. «Je serais très surpris qu'on soit en haut de ça», a-t-il dit. Un baril à 120 $ ou 130 $ a-t-il pour effet d'inciter une accélération des travaux? «C'est certain que ça nous aide, a-t-il ajouté. Mais l'important, c'est le soutien technique et la qualité des données au sujet des puits.»

Dans les sables bitumineux de l'Alberta, où le processus est beaucoup plus long et coûteux, le coût par baril a longtemps été d'environ 20 $. Selon des estimations qui circulent dans les médias albertains depuis le début de l'année, ce chiffre aurait toutefois grimpé à plus de 50 ou 60 $ dans certains cas, en raison de la hausse des coûts de matériel et de main-d'oeuvre.

Redevances

Les redevances que le consortium devrait verser au gouvernement du Québec, s'il y avait effectivement une mise en production du puits, se situeraient en moyenne à environ 10 % des revenus, a dit M. Lavoie. Il n'est pas certain que les redevances demeureraient au même niveau, a-t-il estimé. L'Alberta, par exemple, a récemment augmenté le niveau des redevances de manière à ce qu'elles grimpent à 40 % dans certains cas.

Il y a d'autres endroits au Québec où le secteur privé veut évaluer le potentiel pétrolier et gazier, notamment dans le Bas-Saint-Laurent et à Contrecoeur, entre Montréal et Sorel.

Sur l'île d'Anticosti, Hydro-Québec a longtemps possédé des permis, mais elle s'en est départie cet hiver. Les permis ont été acquis par Petrolia. Hydro-Québec justifie la vente par son désir de se concentrer sur les énergies renouvelables.

Junex et Petrolia sont inscrites à la Bourse de croissance du TSX.