Après trois semaines de conflit - Le fossé demeure entre Vidéotron et ses syndiqués

Le mot impasse est devenu presque un euphémisme pour décrire le conflit entre Vidéotron et ses syndiqués. Il y a trois semaines aujourd'hui que les travailleurs sont en lock-out, les deux parties ne se parlent pas et ne sont pas sur le point de reprendre le dialogue.

Mercredi dernier, les porte-parole patronaux et syndicaux ont tenu une rencontre de deux heures. À la suggestion de leur conciliateur, les parties avaient convenu avant le début du conflit de se rencontrer toutes les deux semaines pour faire le point. D'un côté comme de l'autre, on affirme que cette rencontre n'a absolument rien donné.





Vente à Entourage


On se rappellera que le 14 mai Vidéotron annonçait la vente de son service technique de réparation et d'entretien à Entourage Solutions technologiques. Dans cette transaction, 654 employés ont changé de patron. Une économie annuelle de 15 millions pour Vidéotron, assure la compagnie.


Le problème est que, depuis le début, le Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP) affirme haut et fort qu'il a entamé une négociation au nom de ses 2200 membres et qu'il signera une convention collective au nom de ses 2200 membres.


«Il est impossible de revenir à la table de négociation parce que le syndicat refuse de reconnaître la transaction», explique le vice-président exécutif de Quebecor, Luc Lavoie. «Mais la transaction a une valeur légale. Elle est chose du passé. Le chèque est encaissé. On tourne en rond à vouloir dire le contraire. Quand on vend sa maison, elle est vendue. On ne peut pas changer d'avis trois semaines plus tard.»


Ce n'est évidemment pas l'avis des techniciens de Vidéotron. «On prétend que c'est de la sous-traitance», indique Yves Lalonde, président du Syndicat des employés de Vidéotron pour la région de l'Ouest du Québec et de l'Outaouais. «On va contester la vente. Nos avocats étudient présentement le dossier.» M. Lalonde précise que le syndicat a également déposé des griefs.


Pour le moment, 37 employés touchés par cette vente travaillent maintenant pour Entourage. Il s'agit de 19 personnes de Hull et de 18 du Saguenay. Dans les deux cas, la convention collective est toujours en vigueur. Les travailleurs n'étaient donc pas en conflit de travail.


Le SCFP confirme également qu'à Entourage, les nouveaux patrons sont prêts à négocier. Ils ont d'ailleurs fait parvenir un avis au syndicat. Comme il ne reconnaît pas la transaction, le SCFP a rejeté cette offre.


Du reste, Luc Lavoie affirme que les responsables de Vidéotron veulent toujours négocier. «Nous sommes prêts à discuter n'importe quand, mais nous ne pouvons discuter de choses indiscutables.»


De son côté, le syndicat soutient depuis le début être prêt à un long conflit et que le moral des troupes est bon. Dans la région de Montréal, les syndiqués vont débuter sous peu des piquets de grève devant des entreprises appartenant à Quebecor dont des magasins Archambault et des Superclubs Vidéotron. «Nous voulons sensibiliser la population aux enjeux de notre négociation», souligne Yves Lalonde.