Assemblée annuelle des actionnaires - Ted Rogers prépare sa succession à la tête de Rogers Communications

Toronto — Le chef de la direction et fondateur du câblodistributeur Rogers Communications estime que son successeur devra vraisemblablement être un professionnel de l'industrie, puisque ses enfants ne sont pas encore prêts à prendre la relève.

Ted Rogers, qui célébrait hier son 69e anniversaire de naissance à l'occasion de l'assemblée annuelle, a dit qu'il formulerait une recommandation, mais que la décision finale appartiendrait au conseil d'administration.


«Je crois qu'il faudra que la direction soit assumée par un professionnel avant qu'un des jeunes Rogers se sente suffisamment prêt pour manifester son intérêt», a déclaré Ted Rogers à l'issue de l'assemblée.


«Je ne suis pas de ceux qui croient que le nom de famille peut à lui seul valoir un poste de chef de la direction. Ils devront le mériter.»





Retraite


Ted Rogers avait déjà exprimé son intention de prendre sa retraite d'ici à 2003, mais son contrat a récemment été prolongé jusqu'en décembre 2006. Il pourrait toutefois être résilié à la demande de M. Rogers ou du conseil d'administration, avec un préavis de six mois.


À l'occasion de l'assemblée, les actionnaires ont élu au conseil d'administration la plus jeune fille de M. Rogers, Melinda, qui est âgée de 31 ans et est considérée par certains comme une candidate à la direction du plus important câblodistributeur canadien.


«Elle serait pas mal bonne parce qu'elle aime bien jouer au patron», a dit Ted Rogers à la blague.


Edward, un fils de M. Rogers qui aura 33 ans le mois prochain, siège déjà au conseil d'administration de l'entreprise. Les deux autres enfants de M. Rogers, Lisa et Martha, ont choisi de faire carrière dans d'autres secteurs.





25 votes


Lors de l'assemblée, les actionnaires ont également approuvé une demande de la famille Rogers d'accroître le nombre de votes que confèrent les actions de catégorie A. Ces actions, qui appartiennent dans une proportion de 91 % à Ted Rogers et aux membres de sa famille, accorderont maintenant 25 votes plutôt qu'un seul.


Cette proposition visait à accorder «plus de souplesse», a-t-on fait valoir aux actionnaires.


M. Rogers a plus tard précisé qu'il craignait un éventuel changement à la réglementation, par la Bourse de Toronto par exemple, qui déciderait d'accorder un vote à toutes les actions sans droit de vote. Une telle mesure équivaudrait «à jeter dehors l'actionnaire de contrôle. Nous devons nous protéger contre ça», a dit M. Rogers.