La Caisse devra injecter des millions dans la BAA

Les actionnaires de la British Airport Authority (BAA), dont fait partie la Caisse de dépôt et placement du Québec, devront injecter 400 millions de livres (786 millions de dollars) dans le gestionnaire aéroportuaire.

«C'est un refinancement qui vise à refinancer la dette [de la BAA], mais aussi à améliorer les infrastructures de Heathrow [le principal aéroport de Londres] et également, à terme, de mettre en place une structure financière qui va par la suite permettre à la BAA de s'autofinancer», a expliqué hier un porte-parole de la Caisse, Mark Boutet, au cours d'un entretien téléphonique. Les améliorations viseront plus particulièrement les aérogares 1 et 2 de Heathrow. L'injection de 400 millions de livres servira en outre à financer les dépenses d'immobilisations de la BAA pour les deux ou trois prochaines années.

Depuis plusieurs mois, la BAA tente de refinancer la dette de 9,6 milliards de livres (18,9 milliards) contractée lors de son acquisition par un consortium composé du groupe espagnol Ferrovial, de la Caisse et de GIC, le fonds d'investissement du gouvernement de Singapour, en 2006.

Dans un communiqué publié jeudi, la BAA a indiqué qu'elle n'avait pas encore obtenu «suffisamment d'engagements» de la part des banques à qui l'on a demandé de prendre part au refinancement.

Le gestionnaire a de plus précisé qu'à cause des «conditions difficiles» du marché du crédit, il pourrait devoir retarder les consultations avec les actuels détenteurs d'obligations de BAA, essentielles à la conclusion du projet de refinancement.

La BAA a présenté l'injection de 400 millions de livres comme faisant partie du plan de refinancement et a refusé qu'on parle d'aide d'urgence.

M. Boutet n'a pas pu préciser, hier, combien la Caisse de dépôt devrait injecter dans la BAA. Si, comme on peut s'y attendre, le montant est calculé en fonction de la taille de sa participation dans l'entreprise, il s'agirait d'environ 221 millions.

La Caisse détient 28,1 % des actions de la BAA, alors que Ferrovial possède 61,8 % de l'entreprise et GIC, 10 %. L'investissement de l'institution québécoise dans BAA, le plus important de son histoire à l'étranger, lui a coûté 2,4 milliards.