L'opposition péquiste dénonce les crédits d'impôt offerts à Morgan Stanley

Jeudi dernier, Morgan Stanley annonçait l’ouverture à Montréal d’un centre de développement de logiciels. Selon le Parti québécois, 200 des 500 emplois annoncés à cette occasion sont en fait transférés de la firme Compuware, un sous-traitan
Photo: Jacques Nadeau Jeudi dernier, Morgan Stanley annonçait l’ouverture à Montréal d’un centre de développement de logiciels. Selon le Parti québécois, 200 des 500 emplois annoncés à cette occasion sont en fait transférés de la firme Compuware, un sous-traitan

Québec — L'opposition péquiste demande au gouvernement Charest de justifier les 24 millions de dollars de crédits d'impôt offerts à la firme Morgan Stanley, en guise de subvention pour la création de 200 emplois qui existaient déjà.

Le porte-parole péquiste en matière de finance, François Legault, entend demander des comptes au ministre du Développement économique, Raymond Bachand, pour aller au fond des choses.

Jeudi dernier, la banque d'affaires internationale Morgan Stanley annonçait l'ouverture, à Montréal, d'un centre de développement de logiciels, créant ainsi jusqu'à 500 emplois d'ici cinq ans. Or, 200 des emplois annoncés sont en fait transférés de la firme Compuware, un sous-traitant de Morgan Stanley.

En vertu du programme existant, la firme a droit à des crédits d'impôt de l'ordre de 20 000 $ par nouvel emploi, par année, pendant six ans. L'investisseur pourrait donc ainsi récupérer jusqu'à 24 millions de crédits d'impôt pour les emplois de Compuware.

«On va avoir des questions à poser», a dit M. Legault, lors d'un entretien téléphonique hier. «Si c'est pour des emplois qu'on transfère, ça pose un problème», a-t-il ajouté, considérant que 24 millions de fonds publics pour des emplois existants, «c'est beaucoup d'argent».

L'imbroglio autour du véritable nombre d'emplois créés par Morgan Stanley est, à ses yeux, «symptomatique du nouveau Jean Charest», qui nie les problèmes et «essaie de dorer la pilule».

Il estime que le premier ministre Charest, qui participait à l'annonce de jeudi dernier, a laissé croire qu'il s'agissait de 500 emplois créés, alors qu'il s'agit d'un «maximum» de 300.

Selon lui, l'aide aux entreprises ne devrait pas passer par des crédits d'impôt, mais plutôt par l'abolition immédiate de la taxe sur le capital.

La direction de Morgan Stanley n'a pas caché que les crédits d'impôt offerts par Québec dans le domaine des technologies de l'information ont été déterminants pour choisir Montréal plutôt que toute autre ville dans le monde.

De son côté, la porte-parole de l'opposition officielle en finance, Linda Lapointe, assimile l'annonce à «de la poudre aux yeux» de la part du gouvernement, «qui embellit la vérité». «C'est pas la première fois qu'on fait des grandes annonces en grandes pompes, puis après on se rend compte que c'est un peu timide comme intervention. Je trouve ça épouvantable», a-t-elle ajouté.