BAA pourrait devoir vendre des aéroports

La British Airport Authority (BAA), dans laquelle la Caisse de dépôt et placement du Québec détient une participation de 28 %, pourrait être contrainte de vendre un ou plusieurs de ses aéroports.

C'est ce qui ressort d'un rapport d'étape fort critique publié hier par la Commission de la concurrence du Royaume-Uni, alors que BAA tente de se remettre de l'ouverture désastreuse de l'aérogare numéro 5 de l'aéroport de Heathrow, en banlieue de Londres. L'organisme réglementaire a estimé que la propriété conjointe des aéroports de Heathrow, Gatwick, Stansted, Glasgow, Édimbourg, Aberdeen et Southampton «ne sert peut-être pas bien les intérêts à la fois des sociétés aériennes et des passagers».

La Commission a assuré qu'elle n'avait pas encore tiré de conclusions définitives sur le sujet, mais a néanmoins pris la peine de mentionner que la position dominante de BAA dans le sud-est de l'Angleterre et le centre de l'Écosse limitait les possibilités pour les voyageurs et avait pu avoir contribué à un manque de capacité.

Les commissaires recueilleront davantage d'informations avant de publier un deuxième rapport d'étape en août. L'organisme a prévenu hier qu'il pourrait alors, s'il constatait des problèmes de concurrence, «mettre de l'avant des solutions [...] qui pourraient passer par la vente d'un ou de plusieurs des aéroports de BAA».

Pour la Caisse et pour la société espagnole Ferrovial, qui contrôle BAA grâce à une participation de 62 % acquise en même temps que celle du gestionnaire québécois, en 2006, le rapport de la Commission n'augure rien de bon. Le placement de 2,5 milliards de la Caisse dans BAA constitue son plus important investissement à l'étranger.

L'analyste Andrew Fitchie, de la firme Collins Stewart, ne voit dans BAA que «davantage de destruction de l'avoir des actionnaires». Jumelé à l'incertitude entourant les hausses de tarifs aéroportuaires décrétées il y a quelques semaines, le rapport compliquera le refinancement de l'imposante dette de BAA, dont l'échéance a été fixée à la fin juin, soutient M. Fitchie.

Rapport bien accueilli

Cela fait plusieurs années que des transporteurs font pression pour obtenir la scission de BAA. L'exploitant est responsable d'environ 90 % des vols passagers dans le sud-est de l'Angleterre et de 63 % de tous les vols entre le Royaume-Uni et le reste du monde. Les porte-parole de Virgin Atlantic Airways et de Ryanair ont bien accueilli le rapport de la Commission de la concurrence, hier.

Le président et chef de la direction de BAA, Colin Matthews, a reconnu hier que la tenue de Heathrow devait être améliorée. BAA et l'occupant de l'aérogare numéro 5 — British Airways — avaient présenté l'ouverture des nouvelles installations, le 27 mars, comme un nouveau chapitre pour les voyageurs de Heathrow, qui est perpétuellement congestionné. Or, de multiples problèmes techniques ont entraîné la perte de milliers de bagages et l'annulation de centaines de vols dans les jours suivant l'ouverture du terminal.