Moody's réduit la cote de solvabilité de Bombardier

Moody's a réduit hier la cote de solvabilité de Bombardier, tout en indiquant qu'elle pourrait la réduire encore après un nouvel examen de la situation.

La firme de cotation a ainsi réduit de deux crans la cote de solvabilité de Bombardier, la faisant passer de A3 à Baa2. Cette décision aura notamment une incidence sur une dette de 3,6 milliards.Moody's a également réduit la cote de solvabilité de Bombardier Capital de A3 à Baa2.

En réaction immédiate, le titre de Bombardier chutait de 6 % en Bourse hier. L'action cédait 35 ¢, à 6,27 $, à la Bourse de Toronto. La cote Baa2 se situe à deux crans au-dessus du statut de «junk bonds» (obligations de pacotille). L'agence de notation a également laissé savoir qu'une autre réduction de la cote était possible si les perspectives commerciales et financières de Bombardier ne s'amélioraient pas.

«Nous sommes très désappointés et très surpris pour ce qui est de la cote, mais aussi pour ce qui est du moment, qui nous semble étonnant, a déclaré la vice-présidente aux relations publiques et aux communications de Bombardier, Dominique Dionne. Il n'y a pas d'événements, il n'y a pas de facteurs qui justifient une révision comme celle-là à ce moment-ci, bien au contraire.»

Les défis

Dans un communiqué transmis hier, Moody's explique qu'elle a tenu compte des défis auxquels Bombardier devra faire face pour s'ajuster à un marché difficile dans le domaine des avions d'affaires et pour améliorer la performance de Bombardier Capital.

Moody's reconnaît que Bombardier a adopté des mesures pour réduire sa production d'avions, notamment en mettant fin à la production de certains produits et en réduisant ses effectifs de façon substantielle. La firme de cotation indique que ces mesures devraient permettre à Bombardier de réduire ses inventaires et de mieux adapter sa production à la demande. Elle affirme que Bombardier conserve une bonne position dans l'industrie aéronautique, mais que sa performance continuera à subir des pressions négatives au moins jusqu'à la fin de 2003.

Moody's reconnaît que les activités de Bombardier dans le domaine du transport et des produits récréatifs constituent une diversification fort utile, surtout pendant une période de ralentissement dans l'industrie aéronautique. La firme souligne que la rentabilité du secteur du transport demeure peu élevée, mais que Bombardier a pris des mesures pour améliorer la situation.

Moody's note la bonne rentabilité du secteur des produits récréatifs, mais elle rappelle que ce domaine est sujet à des cycles économiques et aux diverses tendances dans le marché des consommateurs.

Moody's indique qu'elle voit d'un bon oeil les changements apportés au niveau de Bombardier Capital, notamment l'abandon de certains secteurs d'activités. Elle demeure toutefois préoccupée au sujet du rendement de la filiale.

La firme indique qu'elle évaluera la direction que prendra l'entreprise sous la gouverne de son nouveau président et chef de la direction, Paul Tellier.

Mme Dionne a déclaré que Bombardier ne comprenait pas la décision de Moody's de réduire sa cote de solvabilité, alors que la firme avait énuméré un grand nombre de facteurs positifs au sujet de l'entreprise montréalaise. «Les agences de crédit sont présentement très nerveuses au sujet de toutes les entreprises qui sont liées de près ou de loin à l'industrie du transport aérien, a-t-elle déclaré. Ça doit refléter cela. On trouve cela injuste.»

Elle a souligné que la décision de Moody's n'avait pas vraiment d'impact financier sur Bombardier, les taux d'intérêt étant présentement à des niveaux historiquement bas. «Ce n'est pas quelque chose qui nous fait du mal financièrement parlant, mais ça nous fait vraiment du mal au niveau de la perception», a-t-elle soutenu.