Rejet de la demande d'Hydro - Le tarif biénergie ne sera pas aboli

La Régie de l'énergie a rejeté hier la demande d'Hydro-Québec d'abolir son tarif biénergie, se rendant ainsi aux arguments des quelque 5000 abonnés, dont plusieurs écoles, hôpitaux et églises qui s'inquiétaient de l'impact sur leurs finances d'une telle mesure qui se traduirait par une augmentation de 110 % de leur facture d'électricité.

Dans sa décision, la régie interdit à Hydro-Québec de majorer de 55 % son tarif dès maintenant, ce qui aurait été suivi d'une autre augmentation de 55 % en 2003.


Lors des audiences de la régie, le mois dernier, les représentants des commissions scolaires, des établissements de santé ainsi que de petites entreprises avaient dénoncé l'abrogation de ce programme, créé en 1983 par Hydro-Québec pour écouler des surplus d'électricité en dehors de périodes de pointe. Ces abonnés avaient fait valoir qu'ils s'attendaient à un gel des tarifs jusqu'en 2004, comme pour l'ensemble des clients d'Hydro-Québec, et qu'ils avaient besoin de plus de temps pour se préparer à une telle hausse.


Quant à Hydro-Québec, elle disait devoir abroger ce tarif parce qu'il était non rentable.


Dans sa décision, la régie dit que la démonstration faite par Hydro-Québec «s'avère non satisfaisante» et «qu'il est prématuré de modifier le tarif sans une meilleure connaissance des coûts afférents».


Elle ne ferme toutefois pas la porte à une éventuelle abolition du tarif biénergie. Elle dit d'ailleurs s'attendre à ce qu'Hydro-Québec, dans une nouvelle demande, «explore, à la suite d'un processus de consultation de ses clients, les aspects tarifaires et technologiques sous-jacents».


La régie met d'ailleurs en garde les clients qui bénéficient du tarif biénergie, en leur demandant «de ne pas supposer que la décision actuelle implique que le statu quo continuera indéfiniment». La régie rappelle à ces clients «qu'il est dans leur intérêt de veiller à leur gestion énergétique, notamment en améliorant leur niveau d'efficacité énergétique et en explorant toutes les sources d'énergies alternatives, le tout en ne perdant pas de vue les impacts potentiels au bilan des gaz à effet de serre».


Le tarif biénergie s'établit à un peu moins de 3,5 ¢ le kilowattheure, alors que le tarif régulier est de 6 ¢. On estimait à 100 millions les coûts supplémentaires pour les établissements du secteur public qu'aurait entraînés l'abrogation du tarif, et ce en incluant les frais de conversion des équipements de chauffage.