Deloitte est poursuivi pour sa vérification des livres de Livent

& Touche fait l'objet d'une poursuite de 450 millions de la part du syndic de faillite de l'ex-compagnie de production de spectacles Livent, dont les irrégularités comptables avaient fait grand bruit dans les cercles torontois du spectacle et de la finance à la fin des années 1990.

Cette poursuite, intentée discrètement il y a trois mois et dont le quotidien National Post faisait état dans son édition d'hier, serait la plus importante de ce genre au Canada.


Roman Doroniuk, le syndic désigné par la firme Ernst & Young dans ce dossier, accuse le vérificateur Deloitte & Touche de négligence, de manquement à ses obligations ainsi que de bris de contrat. Il allègue que Deloitte & Touche a failli à sa tâche de relever les irrégularités et les erreurs dans la comptabilité de Livent, ajoutant que la firme a cautionné des résultats même si elle savait qu'ils étaient «faux et trompeurs». Le syndic a d'ailleurs souligné que Deloitte & Touche obtenait des contrats de consultant pour Livent, en plus de sa tâche de vérification comptable.


En plus des dommages et intérêts, le syndic réclame, dans sa poursuite, le remboursement des frais judiciaires ainsi que des sommes qui ont été versées par Livent à Deloitte & Touche pour ses travaux de comptabilité.


Deloitte & Touche fait déjà l'objet d'une poursuite dans ce dossier, de la part des fondateurs de Livent, le producteur Garth Drabinsky et son partenaire Myron Gottlieb.


Deloitte & Touche, qui fut le seul vérificateur de Livent pendant les cinq années où cette entreprise fut inscrite en Bourse, n'a toujours pas présenté de déposition écrite pour sa défense. Une porte-parole de la firme a déclaré hier que «nous allons nous défendre vigoureusement».


Les révélations concernant les pratiques comptables douteuses de Livent sont survenues en 1998, après que les fondateurs de l'entreprise eurent cédé une participation de contrôle à Michael Ovitz, un agent de Hollywood. Livent a alors dû procéder à une révision majeure de sa comptabilité, avant de se retrouver en faillite.


Cette affaire a donné lieu à une série de poursuites ainsi qu'à des enquêtes de commissions des valeurs mobilières au Canada et aux États-Unis.


Dans sa poursuite, le syndic souligne notamment le fait que Deloitte & Touche avait approuvé «sans réserve» les résultats financiers de Livent, ce qui signifie que les comptables de la firme étaient pleinement satisfaits de la façon dont ces résultats avaient été compilés.