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Monique Leroux met l'accent sur ses convictions coopératives

Monique Leroux, nouvelle présidente et chef de la direction du Mouvement Desjardins, a adressé la parole, samedi, aux quelque 2000 délégués du Mouvement rassemblés à Québec.
Photo: Agence Reuters Monique Leroux, nouvelle présidente et chef de la direction du Mouvement Desjardins, a adressé la parole, samedi, aux quelque 2000 délégués du Mouvement rassemblés à Québec.
Vu de l'extérieur, le choix d'une femme, Monique Leroux, apparaît sans doute comme l'élément le plus marquant dans l'élection d'un nouveau président chez Desjardins. Toutefois, il semble qu'au sein du Mouvement l'élection pour la première fois dans l'histoire centenaire des caisses Desjardins d'une personne qui n'ait pas d'enracinement de longue date dans le réseau des caisses ait été un élément au moins tout aussi marquant. Mme Leroux est arrivée chez Desjardins en 2004 pour y occuper des fonctions de gestionnaire de haut niveau dans l'entourage de son prédécesseur à la présidence, Alban D'Amours. En fait, la seule allusion que Mme Leroux ait faite à sa présence dans les caisses remonte à une caisse scolaire dont elle a été membre, alors qu'elle était une élève de quatrième année.

Des convictions

Mme Leroux avait donc intérêt à étaler ses convictions coopératives devant cet auditoire imposant, tout comme elle a dû le faire d'ailleurs dans la tournée électorale en vue de convaincre une majorité des 251 membres du collège électoral de l'appuyer. Elle a relevé, samedi, ce défi en prenant des engagements qui ont sans doute rassuré même les plus craintifs quant à l'emprise de la haute direction sur l'évolution future du Mouvement. «Ma vision d'avenir se fonde sur cinq convictions que je qualifie de "génératrices de changement" qui auront un effet de levier sur l'évolution de notre coopérative. Ces convictions seront toujours les fondements de mon mandat à la présidence», a-t-elle déclaré.

L'une de ces convictions concerne le capital humain, «la plus grande richesse et force d'avenir». Ce Mouvement est «une flotte où la fédération agit non pas comme un navire amiral, mais bien comme un bateau-phare». Sa proposition la plus inattendue est celle portant sur la direction unique qui a joué un rôle majeur dans l'intégration du Mouvement, convient-elle, en ajoutant ceci: «J'estime que nous devons nous donner un moment de réflexion pour nous assurer qu'elle répond toujours bien à nos besoins et aspirations.»

En conférence de presse, elle ajoutait ceci: «Il m'apparaît tout à fait légitime que la présidente du Mouvement aborde la question en toute transparence et qu'on fasse des analyses, pour qu'on puisse examiner ce que d'autres grands groupes coopératifs ont eu comme débat et qu'avec les caisses on trouve ensemble la meilleure formule.» Elle souhaite également que les conseils de représentants puissent établir et porter le plan d'affaires et faire vivre la vision stratégique de Desjardins comme groupe intégré. Elle s'engage à développer un dialogue et une synergie avec les associations des présidents et directeurs généraux. Elle a de plus annoncé la tenue d'un congrès d'orientation en 2009, dont le thème central reste à préciser.

Toutefois, en attendant la nature et la portée exacte des changements qui viendront ou ne viendront pas, Mme Leroux rappelle qu'elle «entend assumer pleinement l'ensemble des rôles actuels».

Force motrice

Dans la liste de ses convictions, il y a celle selon laquelle les caisses sont la force motrice du mouvement. Mme Leroux dit vouloir renforcer l'entrepreneurship des caisses par la contribution directe des dirigeants et directeurs généraux à la vie et l'évolution du Mouvement. Elle compte établir un contact direct entre la présidence et les dirigeants de caisses d'ici la fin de 2008. «Nous aurons à réfléchir ensemble à nos façons de travailler afin de mettre en place les modes opérationnels qui nous permettrons de passer des intentions à l'acte», explique-t-elle.

Une autre conviction est celle que la fédération et les filiales sont au service des caisses et de leurs membres. «Certaines activités et certains projets, actuellement chapeautés par la fédération, pourraient être décentralisés et pris en charge par le réseau et les caisses.» Elle parle d'un «recentrage du rôle de la fédération qui pourra entraîner certains changements et nous motiver à optimiser les façons de faire et éliminer les dédoublements». Elle veut aussi instaurer pour la fédération et chaque filiale une approche de balisage et de comparaison afin de valider l'efficacité et de stimuler la productivité.

Enfin, Mme Leroux soutient que la croissance et le développement stratégique du Mouvement Desjardins passent par les caisses, appuyées par les filiales. Elle veut renforcer le leadership de Desjardins au Québec et développer les activités en Ontario et ailleurs au Canada. Il faudra «élaborer et mettre en oeuvre un plan intégré, sous le leadership des caisses. [...] Il en va du pouvoir et de l'influence des caisses de décider et d'agir. Utilisons toute l'intelligence et toute l'expertise du réseau pour relever ce défi», soutient la présidente.
1 commentaire
  • Gilles Bousquet - Inscrit 31 mars 2008 07 h 00

    Bravo Mme Leroux !

    Bravo Mme Leroux ! qui souhaitez éliminer les dédoublements. Les dédoublements sont rarement poductifs. Nos gouvernements provincial et fédéral devraient s'en inspirer.