Assemblée annuelle des actionnaires - Power Corporation craint les nouvelles règles de gestion

Le président du conseil et cochef de la direction de Power Corporation, Paul Desmarais fils, craint que la mise en place de nouvelles règles de gestion d'entreprise ne soit néfaste aux entreprises et aux petits actionnaires.

Dans le discours qu'il a prononcé hier à l'occasion de l'assemblée annuelle des actionnaires et dans l'entrevue qu'il a accordée par la suite aux médias, M. Desmarais s'est élevé contre l'imposition, par les différents organismes de réglementation, d'une formule unique de gestion d'entreprise. «Je pense que cette notion est dangereuse parce qu'elle va nous amener à faire des erreurs, a-t-il déclaré. L'une des convictions que nous inspirent nos longues années d'expérience avec des modèles d'entreprise très divers est qu'il n'existe aucune formule idéale pour atteindre le succès.»


Ainsi, la séparation des fonctions de chef de la direction et de président du conseil ne serait pas appropriée pour une entreprise comme Power Corporation, contrôlée à 64,8 % par la famille Desmarais.


M. Desmarais a affirmé qu'il se livrerait à une véritable parodie s'il nommait un président du conseil d'administration provenant de l'extérieur alors que c'est lui qui contrôle la compagnie. Il a ajouté que des règles mises en avant par certains groupes frôlaient la folie. Il s'est ainsi interrogé sur l'évaluation de la performance des administrateurs. «Ce sera quoi, la performance? Celui qui parle le plus au conseil? Celui qui dit le plus d'idioties?»


M. Desmarais a souligné qu'un grand nombre de personnes qui parlaient d'une réforme des règles de gestion d'entreprise étaient des avocats et des comptables qui avaient «un intérêt à ce que beaucoup de ces normes explosent, se développent, soient la solution à tout». Il a souhaité qu'on questionne davantage à ce sujet les dirigeants et les administrateurs d'entreprises qui, soumis aux règles, doivent continuer à livrer des résultats.


Il a également rappelé que tout investissement comportait toujours des risques. «J'ai l'impression qu'on est en train de nous asperger avec la notion que, si on a une bonne gouvernance, tout va être parfait. Ce n'est pas vrai, c'est même dangereux pour le petit actionnaire.»


M. Desmarais a affirmé que les règles déjà en place n'étaient pas mal et qu'elles avaient simplement besoin d'ajustements.


Par contre, M. Desmarais a souhaité une réforme des règles de gestion de la Caisse de dépôt et placement du Québec, notamment afin d'augmenter l'indépendance de son conseil d'administration.





Augmentation du bénéfice


Par ailleurs, Power Corporation a annoncé hier que son bénéfice net avait augmenté de 4,9 % pour atteindre 171 millions au premier trimestre de 2002, soit 0,75 $ par action. La même période de l'exercice précédent avait donné lieu à un bénéfice net de 163 millions, soit 0,72 $ par action. Le bénéfice d'exploitation s'est chiffré à 171 millions contre 153 millions en 2001. Cette hausse est attribuable à une forte hausse du bénéfice d'exploitation de la Corporation financière Power, en partie réduite par des gains moindres résultant de la cession de titres en technologie et de la filiale Gesca.


Power a également déclaré un dividende trimestriel de 20,625 ¢ sur les actions privilégiées participantes et sur les actions comportant des droits de vote limités, payable le 28 juin aux détenteurs inscrits le 7 juin. Il s'agit d'une hausse de 3,125 ¢ ou de 18 % par rapport au dividende trimestriel précédent de 17,5 ¢.


M. Desmarais a ajouté que l'entreprise n'avait pas de grandes acquisitions en vue. «Nous avons fait plusieurs grosses acquisitions récemment. Il est important de faire une pause.»


Dans le domaine des médias, au Canada, Power Corporation a l'intention de continuer à se concentrer sur ses journaux francophones au Québec. «Notre stratégie est de mettre l'accent sur la qualité ici au Québec, a commenté le président et cochef de la direction de Power, André Desmarais. Nous avons une plateforme qui est assez solide pour nous donner les possibilités financières d'accroître nos dépenses au niveau du contenu. Je pense que nous pouvons progresser à partir de cette position.»