Pfizer Canada injecte 10 millions au Fonds de la recherche en santé du Québec

Le géant pharmaceutique Pfizer a confié la gestion complète de ce nouveau fonds au FRSQ à qui il reviendra de partager toute cette manne. Parmi les domaines où l’aide sera accordée en priorité figurent le sida et les maladies infectieuses, les m
Photo: Agence Reuters Le géant pharmaceutique Pfizer a confié la gestion complète de ce nouveau fonds au FRSQ à qui il reviendra de partager toute cette manne. Parmi les domaines où l’aide sera accordée en priorité figurent le sida et les maladies infectieuses, les m

Abonnés aux subventions gouvernementales, les 3000 chercheurs en santé humaine du Québec pourront aussi compter sur une aide de plusieurs millions de dollars en provenance du privé. Pfizer Canada a en effet injecté hier 10 millions au Fonds de la recherche en santé du Québec (FRSQ). Objectif: stimuler la recherche publique en santé et catalyser la commercialisation des projets novateurs.

Le géant pharmaceutique a confié la gestion complète de ce fonds au FRSQ à qui il reviendra de partager toute cette manne. Il s'agit là d'une initiative inédite qui sourit au président-directeur général du FRSQ, le Dr Alain Beaudet. «À ma connaissance, c'est la première fois qu'une somme d'une telle ampleur est investie en recherche en amont. Par là, j'entends en recherche non liée à des intérêts commerciaux et qui, en plus, est accordée à un organisme subventionnaire.»

Ce faisant, Pfizer renonce à toute propriété intellectuelle. La compagnie comptera bien deux observateurs sur le comité consultatif de ce fonds, mais sans droit de vote. «Nous avons carte blanche. Pfizer a même renoncé à son premier droit de regard sur la recherche», précise le p.-d.g. du FRSQ. Les résultats resteront donc tous dans le domaine public. «S'ils valent la peine d'être commercialisés, les royautés retourneront en entier aux chercheurs et aux universités.»

Ces nouveaux deniers seront accordés en priorité aux recherches menées dans des domaines critiques pour la santé publique. Parmi ces domaines figurent le sida et les maladies infectieuses, les maladies mentales, le cancer et les maladies inflammatoires, cardiovasculaires, métaboliques ou chroniques. «À terme, nous espérons commercialiser de nouveaux outils de diagnostics ou de traitements innovateurs, donc à améliorer les soins de santé destinés à toute la population.»

Toute cette émulation devrait permettre au Québec de bonifier son bassin de chercheurs de qualité, croit le FRSQ. Et pas seulement en recherche pratique. «Certains projets toucheront aussi directement la recherche fondamentale, pensons par exemple à un projet visant à comprendre un mécanisme cellulaire qui pourrait conduire au développement d'un médicament ou d'une thérapie», explique le Dr Beaudet, qui croit fermement aux vertus de l'émulation.

C'est aussi le pari que fait Pfizer. À défaut de tirer profit des innovations à venir, la compagnie pourra en effet récolter les fruits d'un milieu en pleine effervescence. «Pfizer crée ce fonds en collaboration avec le FRSQ parce qu'elle croit dans le potentiel de R&D au Québec et qu'il est indispensable de développer une meilleure interaction entre la recherche universitaire et les besoins des patients et de la société dans son ensemble», a expliqué Paul Lévesque, président et chef de la direction de Pfizer Canada.

Présent à cette annonce, le ministre du Développement économique, de l'Innovation et de l'Exportation, Raymond Bachand, a salué cet échange de bons procédés. «Par ses objectifs et son approche, le Fonds d'innovation Pfizer-FRSQ est un excellent exemple des réalisations visées par la Stratégie québécoise de la recherche et de l'innovation.»

Précisons que tous les projets retenus devront viser des résultats concrets pouvant mener à des démarches de commercialisation dans les trois à cinq ans, que ce soit sous forme de nouvelles molécules thérapeutiques, de nouveaux savoir-faire ou de nouveaux dispositifs ou de nouvelles technologies.