Pas d'entente sur l'avenir de l'industrie porcine

Guy Coulombe a terminé son mandat sans parvenir à convaincre les producteurs de porcs et les transformateurs de s'entendre sur une vision commune pour l'avenir de leur industrie. Dans «un avis» qu'il a transmis aux autorités du ministère concerné, il recommande que le débat se poursuive entre les parties au cours des prochains mois, parce qu'il dit avoir noté, malgré tout, que les principaux intervenants souhaitent toujours en arriver à une entente.

Les relations entre producteurs et transformateurs dans le monde agricole font l'objet d'affrontements depuis des années, particulièrement dans des secteurs majeurs comme ceux du lait et du porc. Dans le cas de l'industrie porcine, la question de la mise en marché du porc est au coeur d'un conflit qui perdure. «Les positions de la Fédération des producteurs de porcs du Québec et celles d'une majorité de transformateurs demeurent divergentes, malgré les efforts de conciliation déployés par M. Coulombe», lit-on dans le communiqué diffusé par le ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation (MAPAQ). M. Coulombe y a constaté des luttes de pouvoir et des stratégies commerciales et économiques opposées entre les partenaires: entre les intérêts collectifs et les intérêts privés, entre l'encadrement collectif et les règles du marché. «L'avenir de la filière porcine dépend de la réponse à ces questions de base sur la mise en marché», soutient-il.

Celui-ci constate que, «dans les circonstances, un plan de développement de l'industrie du porc complet, cohérent, opérationnel et acceptable pour tous les partenaires ne pourra être dressé à court terme». Il souligne néanmoins certains éléments qui pourraient éventuellement faire l'objet de consensus, tels que la reconnaissance du rôle prépondérant du consommateur, la modernisation des mécanismes de mise en marché, l'acceptation de la diversité dans les gammes de produits, des relations établies sur une base d'affaires plutôt que sur des discussions réglementaires et de points de droit, etc. Il y a pourtant des accrochages plutôt solides sur ces deux derniers points.

Discussion

Sa conclusion: «Il me semble essentiel que ce débat puisse se poursuivre entre les parties au cours des prochains mois. Les dernières discussions m'ont en effet montré que les organisations chefs de file, telles que la Coop fédérée, l'Union des producteurs agricoles, la Fédération des producteurs de porcs, ainsi que les principaux industriels souhaitent toujours en arriver à une entente.»

Laurent Lessard, ministre de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation, qui la semaine dernière annonçait son intention de donner suite à la majorité des recommandations de la commission Pronovost, s'est dit déçu que cette tentative de rapprochement n'ait pas donné le résultat souhaité. Il est certain qu'un tel blocage dans la filière du porc constitue un obstacle majeur à la réalisation des recommandations de la commission Pronovost.

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