Course à la direction de la CSN - Laviolette ne concède pas d'avance à Charbonneau

Québec — Marc Laviolette réfute les prétentions d'avance de Claudette Carbonneau dans la course à la direction de la Confédération des syndicats nationaux (CSN). Selon lui, elle ne pourrait même pas compter sur l'appui de son syndicat d'origine.

Le président de la CSN a en effet déclaré, hier à Québec, que le syndicat de l'hôpital Notre-Dame lui avait signifié son appui dans la course à la direction. Mme Carbonneau, actuellement vice-présidente de la CSN, est pourtant originaire de cette unité syndicale.


«Quand t'es candidat à la direction de la centrale et que t'as pas l'appui de ton propre syndicat, comment peux-tu prétendre que tu vas diriger cette centrale-là?», a-t-il lancé.


Le syndicaliste a renchéri en disant qu'«elle a été secrétaire générale pendant 10 ans du plus gros conseil central de la CSN, celui de Montréal, et le conseil central de Montréal appuie ma candidature».


«Il y a un bon vieux principe qui dit qu'une charité bien ordonnée commence par soi-même, a-t-il poursuivi. Il faut s'assurer de ses propres bases avant de convaincre les autres, et c'est pas le cas de Mme Carbonneau.»


M. Laviolette a fait valoir que les quelques appuis de prestige dont se targue son adversaire ne sont le fait que de membres d'exécutifs de fédérations et que la vraie lutte se fera lors du congrès de la semaine prochaine.


«C'est vraiment l'assemblée générale qui va trancher qui va être le leader, a-t-il soutenu. À ce niveau-là, je suis perçu comme le leader des syndicats et ce sont les syndicats qui font la CSN [...] Les syndicats vont renouveler mon mandat.»





L'opinion des fédérateurs


Invitée à commenter les déclarations de M. Laviolette, Mme Carbonneau a d'abord estimé que «lorsque les fédérations s'expriment, à moins de questionner leur représentativité, à moins de prétendre qu'il s'agit là de militants complètement marginaux ou déconnectés de leur base, ce que je ne trouve pas très rassembleur ni très ralliant, je pense que c'est sûrement assez représentatif des débats qui ont cours».


La vice-présidente de la CSN veut pour preuve de la solidité de ses appuis l'échec des trois tentatives que M. Laviolette aurait effectuées, auprès de l'exécutif national, pour faire désavouer sa candidature à la présidence.


Ainsi, a-t-elle demandé à son tour, «comment peut-il envisager de présider la CSN alors qu'une majorité des organisations affiliées ont sollicité ouvertement une autre candidature et réaffirment leur appui à cette autre candidature»?


En fait, ses nombreux contacts avec les syndicats de la base au cours des derniers mois lui ont permis, affirme-t-elle, de déceler «un appétit manifeste pour un nouveau style de leadership, quelque chose qui soit plus rassembleur, qui démontre un sens de l'écoute».


Claudette Carbonneau a par ailleurs expliqué que si son syndicat d'origine ne l'appuie pas dans la course à la direction, c'est qu'il a voté contre l'entente que la CSN a négociée dans le secteur public — sous la responsabilité de Mme Carbonneau.


«C'est un des rares syndicats qui ont été dissidents de cette entente-là, qui a été entérinée par la Fédération de la santé à plus de 80 %, a-t-elle expliqué. En l'occurrence, je devais me comporter comme la vice-présidente de toute la centrale. Je n'ai pas à entretenir de relations clientélistes avec l'un ou l'autre des affiliés, fût-il mon syndicat.»