Commission mixte économique et commerciale - Les affaires roulent entre la Chine et le Canada

Pékin — La Chine occupe un rôle toujours plus important dans la vie économique du Canada. En 2001, les échanges ont atteint 17 milliards de dollars, faisant du Céleste Empire le quatrième partenaire commercial du pays. En même temps, les investissements canadiens en Chine frisaient le milliard de dollars, et les investissements chinois chez nous ont atteint les 200 millions.

Bombardier, par exemple, négocie un gros contrat de vente d'avions de ligne de moins de 100 places, voire d'établissement d'une usine de montage à Xi'an (Shaanxi), en coentreprise avec l'aéronautique locale. Si Bombardier conclut cette affaire, il aura réussi là où Boeing et Airbus ont échoué. De même, Lavalin bâtit à Pékin la cinquième ligne de métro et en a obtenu la concession d'exploitation pour 20 ans en vertu du concept BOT (de l'anglais build, operate, transfer, soit «construire, exploiter, transférer»).


Bref, l'emploi et le bien-être du Canada, avec sa faible population et ses hautes technologies, proviennent de plus en plus de son marché extérieur, entre autres de la Chine, avec son quart de l'humanité à chauffer, à transporter et à nourrir.


Ce qu'on sait moins cependant est la part du gouvernement fédéral dans cette affaire. Surtout avec un régime comme celui de la Chine, où la finance, la justice et des pans entiers de l'économie demeurent étroitement centralisés dans un corset de licences et de réglementations protectionnistes, où rien, donc, ne se fait sans un effort constant de coopération entre les deux États. Force est de dire que par rapport à bien des pays du monde, le Canada réussit assez bien à cet exercice, faisant flèche de tous bois pour défendre son industrie.





Commission mixte


À Pékin cette semaine, Leonard Edwards, sous-ministre fédéral du Commerce international, rencontrait son homologue, Mme Ma Fuliang, pour donner un coup de fouet à cette coopération. C'était la septième rencontre de la Commission mixte économique et commerciale. Le sous-ministre en a profité pour faire le point avec la presse.


Selon toutes les apparences, les deux capitales sont satisfaites l'une de l'autre. La Chambre de commerce canadienne (CCBC) a aussi établi, en peu d'années, trois centres (Pékin, Shanghaï, Canton), tandis que l'ambassade créait un réseau de bureaux commerciaux à travers la Chine — le dernier vient d'ouvrir à Chengdu (Sichuan). À Shanghaï, un bureau de la filière canadienne du bois fonctionne depuis peu, présentant notamment les maisons individuelles de bois du Canada...


Avec la nouvelle donnée de la Chine à l'OMC, il s'agit, pour Ottawa, d'aider ce pays à respecter ses engagements. Le Canada, notamment, fronce les sourcils en voyant les tentatives chinoises de barrer la route au canola, au soja et aux céréales américaines (mais aussi, forcément, canadiennes) sous prétexte de semences génétiquement modifiées.


À ce sujet, M. Edwards a légèrement monté le ton face à la presse chinoise, déclarant: «Nous constatons les difficultés que rencontre la Chine pour se conformer aux règles de l'OMC, et nous avons toute confiance dans la volonté politique du gouvernement chinois pour y parvenir. Sachez que c'est un dossier très important pour nos agriculteurs et qu'il est plus important que jamais, pour l'avenir des échanges multilatéraux et pour votre propre réforme, d'ouvrir mutuellement nos portes.»


Signalons une dernière approche intéressante de ces entretiens: avec la Chine, le Canada explore des positions communes à défendre lors de la prochaine ronde de négociations de l'OMC, qui débutera en novembre prochain.