Jets régionaux: Bombardier ne craint pas l'association Toyota-Mitsubishi

Toyota serait entré dans la phase finale de discussions en vue d’investir dans la future coentreprise qui produira le Mitsubishi Regional Jet.
Photo: Agence France-Presse (photo) Toyota serait entré dans la phase finale de discussions en vue d’investir dans la future coentreprise qui produira le Mitsubishi Regional Jet.

Bombardier ne craint pas un investissement éventuel du géant de l'automobile Toyota dans le projet de jet régional de Mitsubishi Heavy Industries, évoqué hier dans la presse japonaise.

Selon le journal Asahi, Toyota est entré dans la phase finale de discussions en vue d'investir environ 10 milliards de yens (94,8 millions) dans la future coentreprise qui produira le Mitsubishi Regional Jet (MRJ).

Des porte-parole de Toyota ont confirmé hier que le constructeur évaluait la possibilité d'investir dans le MRJ, à la suite d'une invitation de Mitsubishi Heavy, en précisant toutefois qu'aucune décision n'avait encore été prise.

La coentreprise, qui pourrait voir le jour d'ici avril, aurait une capitalisation d'environ 100 milliards de yens (948,3 milliards) et serait détenue à 60 % par Mitsubishi Heavy, d'après Asahi. La décision finale de lancer ou non la nouvelle gamme d'appareils de 70 à 90 sièges doit être prise d'ici la fin du mois.

Les coûts de développement du MRJ sont estimés à 150 milliards de yens (1,4 milliard). Mitsubishi Heavy estime à 100 le nombre de commandes nécessaires pour absorber cette facture. Les deux principaux transporteurs japonais, All Nippon Airways et Japan Airlines, ont déjà indiqué qu'ils songeaient à acquérir des MRJ.

Des analystes japonais estiment que la présence de Toyota dans la coentreprise pourrait donner des ailes au MRJ en rassurant les clients potentiels quant au sérieux du projet. Le lancement est prévu pour 2012.

L'intérêt de Toyota pour le MRJ «est la preuve que le marché des avions régionaux est très en demande», a commenté hier un porte-parole de Bombardier Aéronautique, Marc Duchesne, au cours d'un entretien téléphonique.

Si l'investissement devait se concrétiser, ce serait le premier de Toyota dans le secteur de l'aéronautique. Il y a un peu plus d'un an, le rival japonais de Toyota, Honda, s'est lancé dans le domaine en mettant en marché le HondaJet, un appareil de sept passagers qui devrait être livré à partir de 2010.

S'il voit le jour, le MRJ sera le premier avion commercial à être construit au Japon depuis la fin de la production du turbopropulseur YS-11, en 1973.

En recourant au nouveau moteur Geared Turbofan de Pratt & Whitney — le même que Bombardier a retenu pour sa CSeries — et aux matériaux composites qu'elle a développés pour Boeing, Mitsubishi promet que le MRJ entraînera des économies de carburant de l'ordre de 30 % par rapport aux appareils existants.

Bombardier et le brésilien Embraer dominent actuellement le segment des avions régionaux. Outre Mitsubishi Heavy, le chinois AVIC-1 et le russe Sukhoi travaillent actuellement à des projets de jets régionaux.

Le mois dernier, Mitsubishi Heavy a annoncé qu'il cesserait de fabriquer des composants pour les CRJ de Bombardier d'ici 2010, en assurant que la décision n'avait rien à voir avec le MRJ. Mitsubishi Heavy continue toutefois de fabriquer des pièces pour les jets d'affaires Global Express et Challenger 300 de Bombardier.

Quelque 1471 jets CRJ et 844 turbopropulseurs de la série Q de Bombardier sont actuellement en service dans le monde.

Le titre de Bombardier a clôturé hier à 5,48 $, demeurant inchangé par rapport à la veille, à la Bourse de Toronto.

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