Le PIB canadien a reculé de 0,7 % en décembre

Ottawa — L'économie canadienne a considérablement ralenti lors du dernier trimestre 2007 et s'est contractée en décembre, alimentant les attentes d'une intervention de la Banque du Canada, aujourd'hui, sous la forme d'une importante réduction des taux d'intérêt.

Statistique Canada a stupéfait les économistes, hier, en annonçant que le taux annualisé de croissance de l'économie canadienne avait été de 0,8 % lors des trois derniers mois de 2007, soit environ la moitié de ce qu'avait prédit la banque centrale.

L'activité économique s'est contractée de 0,7 % en décembre, alors que les activités de fabrication ont chuté de 3,2 %, atteignant leur niveau le plus bas depuis décembre 2001.

«Ce n'est pas très encourageant, et la tendance est aussi troublante que les statistiques elles-mêmes», a déclaré Dale Orr, économiste chez Global Insight Canada. «Le quatrième trimestre a été tellement plus faible que le troisième, et à l'intérieur de ce quatrième trimestre, décembre a de loin été le mois le plus faible», a-t-il ajouté.

Bien que les dépenses de consommation aient été solides, l'appréciation du dollar canadien a ravagé les exportations, Statistique Canada ayant fait état d'un recul marqué de 2,2 % de ces dernières au quatrième trimestre.

À la suite de la diffusion de ces statistiques, le dollar canadien a reculé hier de 0,4 ¢US, à 101,19 ¢US, tout de même environ trois cents de plus que le niveau utilisé par la Banque du Canada dans ses projections.

M. Orr a affirmé que les statistiques dévoilées hier obligeraient plusieurs observateurs, incluant Global Insight, à revoir à la baisse leurs prévisions pour 2008. En moyenne, les économistes avaient prévu que l'économie progresserait de 1,7 % cette année.

Toutefois, les analystes demeuraient partagés, hier, quant à la possibilité que le nouveau gouverneur de la Banque du Canada, Mark Carney, livre une première décision dramatique quant aux taux d'intérêt, après que son prédécesseur, David Dodge, eut adopté une approche prudente.

Rishi Sondhi, économiste chez RBC, a estimé que les dégâts causés aux exportations canadiennes en raison de la faiblesse de l'économie américaine et de la vigueur du dollar canadien devraient pousser M. Carney à retrancher un demi-point de pourcentage au taux directeur de la Banque du Canada et ainsi porter celui-ci à 3,5 %, aujourd'hui.

Douglas Porter, économiste de BMO, a cependant dit croire que la vigueur maintenue de l'économie interne canadienne, en particulier celle des dépenses de consommation, rendrait la décision difficile à prendre.

Malgré les faibles derniers mois, l'économie canadienne a progressé de 2,7 % dans l'ensemble de l'année 2007, comparativement à 2,8 % en 2006.

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