Capital de risque: Québec analyse l'étude Secor

Le récent rapport de la firme-conseil Secor recommandant rien de moins qu'une nouvelle intervention de Québec dans l'aide financière aux entreprises en phase d'amorçage est «à l'étude» au cabinet du ministre du Développement économique, Raymond Bachand.

«Ça fait partie des priorités du ministre Bachand. Il fait des consultations, il veut être proactif», a affirmé hier son attachée de presse, Manuela Goya. «Il se rend compte que, dans la chaîne de financement des entreprises, beaucoup plus forte que dans le passé, il y a plus d'efforts à faire dans le capital d'amorçage, de démarrage», a-t-elle ajouté.

L'étude de Secor, qui se concentre sur le secteur technologique, conclut que le désengagement du gouvernement Charest dans le secteur du capital de risque a créé un problème à l'étape de l'amorçage. Cette étape est celle où une jeune entreprise, constituée de quelques employés seulement, doit prouver son concept. Souvent, l'aide financière dont elle a besoin est inférieure à un million.

Dans l'ordre, les cinq étapes du cheminement financier sont celles-ci: subventions de recherche, subventions d'amis, anges financiers et fonds d'amorçage, capital de risque et Bourse. Le niveau de risque à l'amorçage est élevé, ce qui peut rebuter les investisseurs.

«Le faible nombre de nouvelles entreprises technologiques menace l'activité du capital de risque en aval et ultimement le développement économique du Québec», affirme le rapport, rendu public après une intervention du ministre. «Comme le problème est réel et qu'il est en partie causé par la restructuration de l'industrie, des ajustements s'imposent.»

«Or le rôle des fonds de capital de risque n'est pas de financer des projets d'amorçage inférieurs à un million. Il revient au gouvernement de pallier les déficiences du marché plutôt que de réengager les institutions dans des activités non rentables, desquelles elles viennent de se retirer», conclut le rapport.

Après l'élection des libéraux en 2003, Québec a décidé d'être moins présent dans le capital de risque pour laisser la place au secteur privé. Par exemple, le gouvernement a cédé certaines Innovatech.

Trois fonds

Le rapport recommande la création de trois fonds d'amorçage de 15 millions chacun. Pour chacun d'eux, Québec injecterait 50 % de l'argent alors que le reste viendrait d'un acteur institutionnel.

«Les fonds permettraient, en trois ans, d'amener une quarantaine de nouvelles entreprises au financement de première ronde», affirme l'étude, selon laquelle il en résulterait la création de «2900 emplois, pour la plupart hautement spécialisés et bien rémunérés, soit un coût par emploi de 5200 $».

L'étude a été financée par le cabinet d'avocats BCF, le Centre d'entreprises et d'innovation de Montréal (CEIM), l'École de technologie supérieure, la Fondation de l'entrepreneurship, Inno-centre, le cabinet comptable Raymond, Chabot, Grant, Thornton, l'université Concordia, l'Université du Québec et la Ville de Montréal.

Avant que le rapport ne soit rendu public, la présidente du CEIM, Hélène Desmarais, avait écrit une lettre ouverte dans les quotidiens de Gesca pour en révéler les grandes lignes. Le porte-parole du PQ en matière de finances, François Legault, avait demandé au ministre Bachand de la rendre publique.

Selon Mme Goya, l'intérêt pour l'étude de Secor la semaine dernière a incité le ministre à demander à ses commanditaires s'ils acceptaient de la rendre publique. Vers la fin de la semaine, Secor l'a donc publiée sur son site.

Le rapport survient au moment où le gouvernement s'apprête à offrir une aide de 750 000 $ sur trois ans au Réseau Anges Québec, un organisme sans but lucratif dont l'objectif est d'augmenter les investissements privés dans les «manufacturières innovantes, aux étapes du prédémarrage et du démarrage».

Sur la question des anges, l'étude Secor affirme qu'ils constituent un appui important mais que ce «"love money", à lui seul, est insuffisant pour couvrir tous les besoins de financement à l'amorçage». D'où, selon elle, le besoin parallèle de trois fonds d'investissement.
1 commentaire
  • michel@leportageur.com - Inscrit 18 février 2008 07 h 34

    Entreprise en difficulté

    Bonjour Monsieur Desjardins,

    nous sommes une entreprise victime de l'inertie et du manque de vision de nos gouvernements en matière de développement économique et de financement des entreprises de la nouvelle économie.

    Pouvez vous m'aider?