CGI s'estime à l'abri d'une récession

Les dirigeants du Groupe CGI ont assuré hier que la société informatique était bien placée pour résister à une éventuelle récession aux États-Unis, voire pour en tirer profit.

Du même souffle, le président et chef de la direction de l'entreprise montréalaise, Michael Roach, a confirmé l'ouverture prochaine d'un nouveau centre de services au Québec.

Le centre, qui emploiera entre 200 et 500 personnes, sera situé dans une région — vraisemblablement hors de Montréal et Québec — que M. Roach n'a pas voulu identifier. Une annonce est attendue d'ici la fin de l'année.

Hier, CGI a dévoilé un bénéfice de 72,6 millions au premier trimestre (22 ¢ par action), en hausse de 66,2 % par rapport aux 43,7 millions (13 ¢ par action) dégagés pendant la période correspondante de l'année dernière. Les analystes sondés par Thomson Financial tablaient sur un bénéfice par action de 20 ¢.

La société de services en technologies de l'information a expliqué la hausse de ses profits par une augmentation de la rentabilité, de nouveaux contrats, les frais de réorganisation engagés l'année dernière et un ajustement fiscal favorable.

Pour le trimestre terminé le 31 décembre, le chiffre d'affaires de CGI a atteint 914,7 millions, en progression de 1,2 % par rapport aux 904,1 millions engrangés il y a un an. En excluant l'effet de l'appréciation du dollar canadien, la hausse aurait été de 6,1 %.

Même si le tiers de ses revenus provient du secteur financier, CGI ne craint pas le marasme qui touche cette industrie depuis quelques mois, dans la foulée de la crise hypothécaire américaine.

En conférence de presse à l'issue de l'assemblée annuelle des actionnaires, à Montréal, Michael Roach a souligné que CGI était souvent responsable du fonctionnement des systèmes informatiques fondamentaux des institutions financières (notamment ceux reliés aux cartes de crédit et de débit), de sorte que ces dernières ne peuvent pas annuler leurs contrats sans nuire à leurs activités courantes. Jusqu'ici, aucune firme financière ne l'a d'ailleurs fait, a indiqué M. Roach.

De façon générale, CGI croit qu'un ralentissement économique ou même une récession pourrait lui être bénéfique, puisque des sociétés pourraient être tentées de réduire leurs coûts en recourant à l'impartition, l'une des spécialités du groupe québécois. «Nous croyons que nous sommes bien protégés, peu importe les conditions économiques», a affirmé le chef de la direction, qui a empoché un salaire de 1,5 million en 2007.

Des cibles plus abordables

Une détérioration de l'économie pourrait même favoriser CGI sur un autre front: celui des acquisitions. «La valeur de certaines des entreprises que nous examinons a baissé vu les conditions économiques auxquelles elles font face, de sorte qu'elles deviennent des cibles beaucoup plus intéressantes pour nous», a reconnu Michael Roach, en précisant toutefois que CGI tenait compte de beaucoup d'autres facteurs avant de faire une acquisition.

Une chose est sûre: M. Roach et le cofondateur de CGI, Serge Godin, n'ont pas l'intention de vendre l'entreprise malgré le mouvement de consolidation qui domine actuellement l'industrie des technologies de l'information. En fait, CGI espère faire partie des quatre à six groupes qui survivront à la vague de fusions-acquisitions.

Malgré le scepticisme de plusieurs actionnaires, CGI ambitionne toujours de doubler sa taille d'ici trois à cinq ans. L'entreprise devra accélérer la cadence si elle veut atteindre son objectif: au cours de la dernière année, elle n'a procédé qu'à une seule acquisition, plutôt modeste.

Comme sa priorité est de racheter de ses actions afin de faire augmenter la valeur de son titre et de se garder une marge de manoeuvre en vue d'éventuelles acquisitions, CGI n'entend pas verser de dividende à ses actionnaires pour l'avenir prévisible. «Si on réalise qu'on serait mieux de payer un dividende, on le fera», a promis Serge Godin. «Mais si on en versait un, je sortirais d'ici les poches pleines, j'aurais besoin d'aide», a ironisé le cofondateur, qui détient encore 9 % des actions de CGI.

Au cours du premier trimestre, CGI a signé des nouveaux contrats totalisant 1,2 milliard, contre 769 millions pour la même période de l'année dernière. Au 31 décembre, le carnet de commandes de l'entreprise se chiffrait à 12 milliards, soit plus de trois fois les produits annualisés.

À la Bourse de Toronto, le titre de CGI a clôturé hier à 10,16 $, en baisse de 1,4 %.

À voir en vidéo