La crainte d'une récession assombrit l'ambiance à Wall Street

New York — La crainte d'une récession assombrit l'ambiance à Wall Street et les investisseurs espèrent que la Réserve fédérale américaine précisera dans les jours qui viennent sa stratégie pour contrer la détérioration de l'activité économique.

Le président de la Fed, Ben Bernanke, s'exprimera jeudi à Washington sur «les marchés financiers, les perspectives économiques et la politique monétaire».

La Fed a été critiquée ces dernières semaines, certains la jugeant trop lente à réagir à l'éclatement de la bulle immobilière et à l'assèchement de la liquidité dans le circuit bancaire.

Michael Strauss, économiste en chef du gestionnaire de fonds Commonfund, a même estimé vendredi, dans la foulée de médiocres statistiques de l'emploi, que la banque centrale devrait baisser les taux d'intérêt avant la réunion de son comité de politique monétaire prévue les 29 et 30 janvier, ce qui serait assez inhabituel.

L'année 2008 à peine entamée, les marchés d'actions américains ont dévissé vendredi après les chiffres de l'emploi et le Dow Jones perd à ce stade 3,5 % par rapport à la fin décembre. C'est la plus mauvaise performance affichée par l'indice depuis 1932, pendant la Grande Dépression, s'agissant des trois premières séances d'une année boursière.

«Les deux semaines qui viennent vont être très, très intéressantes. Et il est possible que la Fed soit confrontée à des décisions très difficiles», a déclaré Strauss.

Vendredi, le Dow a perdu 256,54 points, soit 1,96 %, à 12 800,18. L'indice Standard & Poor's 500, plus large, a abandonné 3,53 points, ou 2,46 %, à 1 411,63.

Le Nasdaq Composite, à forte pondération technologique, a dégringolé de 98,03 points, soit 3,77 %, à 2 504,65 et perd à ce stade plus de 10 % par rapport à son plus haut de 52 semaines en clôture, touché le 31 octobre.

Les rares valeurs à tirer vendredi leur épingle du jeu ont été celles de compagnies d'électricité, de groupes pharmaceutiques, de groupes agroalimentaires et d'autres produits de grande consommation, ce qui montre que les investisseurs s'attendent à des temps difficiles du point de vue macroéconomique.

Sur la semaine, le Dow a perdu 4,23 %, le S&P 500 a abandonné 4,52 % et le Nasdaq a chuté de 6,35 %.

Peu d'indicateurs économiques majeurs ou de résultats de sociétés sont prévus dans la semaine à venir. La publication des résultats du spécialiste de l'aluminium Alcoa, mercredi après la clôture du marché, marquera le traditionnel départ de la saison des trimestriels.

Le seul autre groupe du S&P 500 à publier ses résultats sera, demain, le numéro cinq américain de la construction résidentielle, KB Home.

Les investisseurs attendent aussi demain les chiffres des promesses de ventes de novembre, prévues en baisse de 0,5 %.

Le marché surveillera aussi l'évolution des cours du pétrole et de l'or. Jeudi, le baril de brut texan a franchi les 100 dollars et l'once d'or a signé un nouveau record historique à 869,05 dollars.

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