Élection présidentielle: coup de pouce incertain pour Wall Street

Barack Obama en campagne. Du premier caucus en Iowa jeudi à l’élection du 44e président américain en novembre, 2008 sera traversé de part en part par le marathon électoral aux États-Unis.
Photo: Agence Reuters Barack Obama en campagne. Du premier caucus en Iowa jeudi à l’élection du 44e président américain en novembre, 2008 sera traversé de part en part par le marathon électoral aux États-Unis.

New York — La Bourse de New York compte sur la course à la Maison-Blanche pour lui donner un coup de pouce bienvenu en 2008, mais l'ampleur de la crise financière aux États-Unis rend incertain l'élan qui saisit normalement les marchés avant l'élection présidentielle.

Du premier caucus en Iowa jeudi à l'élection du 44e président américain en novembre, 2008 sera traversé de part en part par le marathon électoral qui, dans le passé, a le plus souvent dynamisé Wall Street.

Selon un calcul de Capital Economics, «depuis 1897, [l'indice boursier] Dow Jones a progressé en moyenne de 9,1 % lors des années électorales, contre 7,2 % lors des années sans élection». «Les années électorales sont bonnes pour la Bourse parce qu'elles sont bonnes aussi pour l'économie», résume Paul Ashworth, de Capital Economics.

«On a rarement vu une année électorale négative en Bourse, mais ce n'est pas pour autant un grand boom. Ce ne devrait spécialement pas être le cas cette année, vu que la crise est plus profonde» que lors des précédentes échéances, relativise Marc Pado, analyste de Cantor Fitzgerald.

Le scrutin de 2008 sera dominé par les interrogations sur l'économie: les États-Unis sont-ils ou non en passe d'entrer en récession? La situation économique du pays est ainsi passée en tête des préoccupations des électeurs, devant la guerre en Irak, selon un sondage de CNN de décembre.

Une image

«Ce n'est pas l'élection électorale en elle-même qui a un impact, c'est davantage le fait qu'entrant dans la dernière année de son mandat, aucun président ne veut partir avec l'image de celui qui a laissé l'économie sens dessus dessous», estime M. Pado. Cherchant à limiter les dégâts de la crise immobilière, George W. Bush a ainsi dévoilé le mois dernier un plan destiné à aider un million de propriétaires immobiliers endettés.

«Les politiciens savent bien que si l'économie va mal, ils perdront les élections», renchérit James Angel, professeur à l'université de Georgetown à Washington. De plus, avec un exécutif républicain et un congrès démocrate, chaque parti politique est à même d'être sanctionné électoralement, s'il n'apparaît pas assez actif.

«Les politiques manipulent l'économie pour des considérations politiques à court terme», ce qui «a généralement un effet positif de court terme» sur la situation économique et par conséquent sur la Bourse, résume M. Angel.

De ce fait, les premières années de mandat sont souvent médiocres pour les marchés, les mesures impopulaires, notamment fiscales, suivant les promesses électorales.

Mais aucune règle claire ne semble prévaloir dans le mariage entre politique et Bourse. «L'élection présidentielle fait partie de la longue liste des éléments permettant de prédire l'évolution du marché qui ont fonctionné dans le passé... sauf quand ils n'ont pas fonctionné!», ironisait récemment le Wall Street Journal.

«La croyance générale est que les républicains sont plus favorables au monde des affaires que les démocrates qui sont davantage susceptibles d'augmenter les impôts», rappelle Kathy Lien, économiste de DailyFX. Ainsi, les années électorales s'achevant sur une victoire républicaine ont vu une progression moyenne du Dow Jones nettement plus importante que celles de succès démocrate. Toutefois, selon M. Angel, «ces données n'ont pas de signification statistique».

Une étude de l'université de Californie de 2004 montrait, à l'inverse, que la performance de la Bourse avait été meilleure lors des mandats démocrates.

D'après M. Pado, «le parti n'importe pas», c'est la prévisibilité de l'issue du scrutin qui est bénéfique à Wall Street, permettant aux investisseurs d'anticiper vers quels secteurs se tourner. Par conséquent, l'élection «ne devrait pas avoir d'impact sur le marché boursier jusqu'à cet été quand nous aurons une meilleure idée du vainqueur», juge Hugh Johnson, de Johnson Illington Advisors.

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