Marchés boursiers - Des rendements faibles, mais positifs en 2008

L'année 2008 ne devrait pas passer à l'histoire pour ses performances boursières. En supposant qu'il n'y aura ni dérive de la crise de liquidité ni récession aux États-Unis, la hausse moyenne de l'indice baromètre de Bay Street devrait être de l'ordre de 5 % cette année, dans un marché demeurant hautement volatil. Il faudra attendre 2009 pour retrouver des rendements dans les deux chiffres.

Selon les dernières prévisions du Mouvement Desjardins, l'indice S&P/TSX de la Bourse de Toronto devrait afficher une progression moyenne de 5 % en 2008, non loin de la projection de 6 % retenue par une majorité d'analystes. Ce sera moins que le 7,2 % réalisé en 2007, et de loin inférieur aux rendements annuels oscillant entre 12 et 24 % observés lors de la période faste de 2003-06. Aux États-Unis, le Dow Jones devrait offrir du 7 % en devises locales et l'indice élargi S&P 500, du 6 %, après des gains respectifs de 6,4 % et de 3,5 % l'an dernier.

Rappelant l'instabilité des cours aux lendemains de l'éclatement de la crise du crédit hypothécaire aux États-Unis, en août dernier, les économistes du Mouvement Desjardins estiment qu'il faut demeurer confiants même si «les risques semblent orientés plus que jamais à la baisse, ce qui nous incite à miser sur des cibles de fin d'année relativement conservatrices». Ils retiennent cependant que la contraction des derniers mois a eu pour effet de ramener les ratios cours-bénéfice à des évaluations plus raisonnables. De plus, le ralentissement économique prévu est déjà escompté.

Surtout, «le marché boursier paraît encore plus intéressant si on le compare au marché obligataire, où les rendements offerts par les titres gouvernementaux sont extrêmement faibles. Une fois que la crise financière sera véritablement passée, les investisseurs retrouveront une certaine tolérance au risque, ce qui devrait profiter aux actions». Chez Desjardins, on pense d'ailleurs que 2009 pourrait permettre un retour à une progression dans les deux chiffres de l'indice TSX, à 10 %, contre 8 % pour l'indice américain S&P 500.

Mais pour cela il faut miser sur le fait que l'économie américaine évitera la récession de justesse et que la crise des «subprimes» se dirige vers son dénouement. Dans le cas contraire, «on pourrait assister à un effet de deuxième vague beaucoup plus dévastateur sur l'économie réelle qu'il ne l'a été lors de la première, entraînant les États-Unis en récession», ont averti les économistes de l'institution financière, qui s'appuient par ailleurs sur une stabilisation des cours pétroliers autour des 78 $US le baril.

Selon leur scénario dominant, l'activité économique devrait fortement ralentir aux États-Unis cette année, avec une croissance cible du PIB ramenée à 2 % et une probabilité de récession se situant autour de 40 %. Si les ménages américains sont particulièrement mal en point, affectés par cette crise immobilière, les entreprises tiennent le coup, avec une progression de la rentabilité devant croître cette année. La faiblesse du dollar américain est également un stimulant pour le secteur extérieur.

Au Canada la croissance devrait également décélérer, avec une progression du PIB ramenée à 2,4 % en 2008, contre une hausse estimée de 2,7 % en 2007.

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