Les pays du Golfe, acteurs majeurs de l'économie grâce au pétrole

Entraînement de dromadaires de course à Dubaï. Le prix du baril de brut a rempli les coffres des six membres du Conseil de coopération du Golfe (Bahreïn, Koweït, Oman, Qatar, Arabie saoudite, Émirats arabes unis), qui fournissent le quart de la de
Photo: Agence Reuters Entraînement de dromadaires de course à Dubaï. Le prix du baril de brut a rempli les coffres des six membres du Conseil de coopération du Golfe (Bahreïn, Koweït, Oman, Qatar, Arabie saoudite, Émirats arabes unis), qui fournissent le quart de la de

Koweït — Les pays arabes du Golfe sont devenus des acteurs majeurs de l'économie mondiale grâce à la manne pétrolière qui leur a permis de financer des mégaprojets immobiliers et acquisitions de sociétés. Le prix du baril de brut a rempli les coffres des six membres du Conseil de coopération du Golfe (Bahreïn, Koweït, Oman, Qatar, Arabie saoudite, Émirats arabes unis), qui fournissent le quart de la demande mondiale.

Cette manne a déclenché un boom économique majeur, à coups de projets immobiliers plus imposants les uns que les autres, alors que les avoirs à l'étranger des pays du CCG, qui possède encore 40 % des réserves mondiales, ne cessent de grossir. Entre 2002 et 2006, les pays du Golfe, avec une population de 35 millions d'habitants, ont gagné entre 1200 et 1500 milliards $US de revenus, ce qui leur a permis de porter leurs avoirs à l'étranger à plus de 1000 milliards $US, selon des estimations internationales.

«La hausse du prix du pétrole a énormément augmenté le poids des pays du CCG dans l'économie mondiale, ils ont désormais atteint une position significative», affirme l'économiste koweïtien Hajjaj Bukhdour. Pour Abdelwahab Abou-Dahesh, expert saoudien du secteur pétrolier, «l'importance du CCG n'est plus limitée à la richesse pétrolière. Son influence a été multipliée par des investissements massifs à l'étranger et des achats à grande échelle aux États-Unis, en Europe et en Asie».

Poussé par le pétrole, le PIB des six pays a augmenté d'environ 7 % par an ces dernières années, et la tendance devrait se poursuivre. Le PIB du CCG est passé de 406 milliards $US en 2003 à 712 milliards en 2006, selon le Fonds monétaire international (FMI), qui prévoit 790 milliards en 2007 et 883 milliards en 2008.

Acquisitions massives

Cet afflux de liquidités ne pouvant être absorbé dans la région, les pays du Golfe se sont lancés dans des acquisitions massives à l'étranger. DP World, propriété de Dubaï, est devenu en 2006 un opérateur portuaire mondial en rachetant le Britannique Peninsular and Oriental Steam Navigation Co (P&O) pour 6,9 milliards. La société d'investissement de l'émirat possède des parts dans EADS (3,12 %) et son opérateur boursier, Borse Dubai, est présent dans le capital du Nasdaq (19,99 %) et de la Bourse de Londres (28 %). Le Qatar, riche en gaz, l'a suivi en acquérant 20 % de la Bourse londonienne. Quant au géant pétrochimique saoudien SABIC, il s'est offert l'américain GE Plastics pour 11,6 milliards.

Ce ne sont que des exemples d'investissements dans les sociétés étrangères, sur les marchés mondiaux et dans le secteur immobilier.

«Ils ont retenu les leçons du passé, quand ils ont gâché l'argent du pétrole après les deux chocs des années 70 et 80», explique M. Bukhdour. «Cette fois, les pays du Golfe investissent leurs bénéfices de façon prudente et très professionnelle», renchérit M. Abou-Dahesh. «Ils pensent à l'avenir, en faisant du retour sur investissement une source viable de revenus quand les prix du pétrole baisseront. Jusqu'ici, ils ont réussi dans leur démarche», estime-t-il.

En l'absence de chiffres officiels, les avoirs du CCG à l'étranger atteignent 1000 milliards, en sa basant sur les chiffres du FMI et de l'Institut de finance internationale (IIF). Pour 2007, les retours sur investissements devraient se situer entre 60 et 100 milliards, soit l'équivalent des revenus pétroliers avant la flambée du brut en 2002.

Et l'avenir s'annonce radieux. «Les prix vont rester haut ces cinq prochaines années en raison d'une demande mondiale forte», prédit M. Abou-Dahesh.

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