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Monique Leroux, chef de la direction financière du Mouvement Desjardins - L'éducation, un puissant moteur économique

Monique Leroux, chef de la direction financière du Mouvement Desjardins mais aussi membre des conseils d'administration de HEC Montréal et de l'Université de Montréal, propose un grand débat de société sur l'éducation. Parce qu'elle voit des signes inquiétants de recul en ce domaine et parce que la preuve est faite partout dans le monde que «l'éducation est le moteur économique le plus puissant».

Mme Leroux, qui était hier la conférencière invitée à la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, avait choisi de parler d'éducation en s'appuyant sur diverses statistiques et études d'ici et d'ailleurs montrant que le degré de richesse d'une société est directement lié à sa capacité de développer son capital humain. Elle a mentionné des données de l'OCDE qui tendent à démontrer que, pour chaque augmentation d'un an du niveau de scolarisation moyen d'un pays, le niveau du PIB par personne est en hausse de 5 % à long terme.

Au Québec, la réussite économique actuelle découle directement de la priorité accordée à l'éducation au cours des premières années de la Révolution tranquille. Le slogan de l'époque était d'ailleurs «Qui s'instruit s'enrichit». Toutefois, les universités se trouvent actuellement dans une situation difficile et le décrochage scolaire est important. Et seulement 5 % des Québécois pensent que le gouvernement doit placer l'éducation en tête de ses priorités. «Il y a des signes de ralentissement et de recul inquiétants pour l'avenir», a déclaré Mme Leroux. Selon elle, l'éducation doit redevenir la priorité du Québec. Compte tenu d'une situation financière serrée et du vieillissement de la population, il faudra nécessairement innover pour financer le système d'éducation. Parmi les options, il y aurait un financement privé accru provenant des entreprises et des diplômés des universités, sur une base volontaire.

Il y aurait aussi des règles de gouvernance améliorées et une plus grande obligation de rendre des comptes de la part des établissements. Le modèle américain où le mécénat est nettement plus développé qu'ici pourrait être un exemple à suivre. Mme Leroux n'écarte pas non plus l'option d'une hausse des droits de scolarité. Elle a pour barème trois principes: qualité, équité et accessibilité.

Mme Leroux propose un rendez-vous sur l'éducation avec la participation la plus large possible et venant de toutes les régions du Québec, dont l'organisation serait confiée à la Chambre de commerce de Montréal. Elle en a causé hier avec la présidente Isabelle Hudon et il y aurait déjà une possibilité que ce sommet ait lieu l'automne prochain.

Sur un autre sujet, un journaliste a demandé à Mme Leroux s'il lui semblait possible qu'une femme devienne le prochain président de Desjardins. Elle a donné une réponse générale, à savoir que, dans les années 1980, seulement 10 % des diplômés en comptabilité étaient des femmes, alors que leur nombre dépasse maintenant 50 %, ce qui inévitablement va conduire certaines d'entre elles à des postes de leader dans les entreprises, dont Desjardins.
2 commentaires
  • Gilles Delisle - Inscrit 14 décembre 2007 07 h 05

    Quand le privé commence à supplanter l'Etat!

    Le fait que les dirigeants de nos institutions financìères et que les Chambres de commerce pensent à organiser de grands débats de société, montre à quel point, nos dirigeants politiques sont des incompétents et des incapables à diriger l'Etat québécois, actuellement. Le gouvernement actuel, qui est en train de donner au privé des responsabilités et des ressources dans notre système de santé public, pourrait bien être attiré par ces artifices du privé dans le domaine de l'éducation. Le gouvernement actuel pourrait continuer cette entreprise de "démolition tranquille" de nos acquis sociaux, qui font notre fierté.
    Gilles Delisle

  • Roland Berger - Inscrit 14 décembre 2007 18 h 01

    Débat futile

    Débattre du rôle de l'éducation et plus spécifiquement du rôle de l'État dans l'éducation de la population est devenu futile. Nous sommes maintenant à l'ère des PPP. Et les dirigeants politiques du Canada et du Québec n'épargneront aucun effort pour que les services éducatifs soient assurés par le privé, en association (subventions) avec le public.
    Roland Berger
    St-Thomas, Ontario