Saputo invite la GRC à lui parler des allégations de liens mafieux

Lino Saputo
Photo: Jacques Grenier Lino Saputo

Lino Saputo, le fondateur de la plus importante entreprise canadienne du secteur de la transformation laitière, invite la Gendarmerie royale du Canada à lui parler des allégations qui le relient à la mafia italienne.

«Je les invite à venir me voir pour que, une fois pour toutes, je puisse dissiper le nuage qui plane au-dessus de moi», a-t-il déclaré, hier lors d'une entrevue dans un chic restaurant italien du centre-ville de Montréal.

M. Saputo, qui est toujours président du conseil de Saputo, a ajouté que les autorités italienne et canadienne n'avaient jamais demandé à le rencontrer.

Dans leurs éditions d'hier, les quotidiens La Presse et The Globe and Mail rapportent que le nom de M. Saputo est mentionné dans une enquête de la police italienne relativement à des allégations qui concernent une opération de blanchiment d'argent totalisant 600 millions.

M. Saputo a affirmé que la lecture de ces manchettes lui avait fait l'effet d'une bombe lui «tombant sur le dos». «Je suis très fâché et très triste de voir ce qui m'arrive.»

Selon un article publié récemment par l'hebdomadaire italien L'Espresso, Mariano Turrisi a été arrêté le 22 octobre dernier relativement à une opération pour blanchir 600 millions pour Vito Rizzuto, le présumé parrain de la mafia montréalaise. L'article a été écrit en collaboration avec Antonio Nicaso, un journaliste canadien considéré comme un spécialiste de la mafia. Durant une opération d'écoute électronique, Mariano Turrisi parle du «roi du fromage» avec un autre homme qui a été arrêté par les autorités italiennes.

M. Saputo soutient qu'il ne connaît pas Turrisi, qu'il ne l'a «jamais rencontré, jamais vu» et qu'il ne lui a «jamais parlé». «Et, personnellement, je n'ai jamais rien eu à voir avec Vito Rizzuto, pas plus que commercialement ou socialement, a dit M. Saputo. Nous nous sommes déjà rencontrés dans des restaurants, lors de quelques réceptions et je l'ai très rarement rencontré lors d'activités sociales.»

Turrisi a aussi incorporé une société aux États-Unis sous le nom de Saputo Enterprises.

«J'ai appris hier [mardi] après-midi qu'il y avait en Floride une compagnie du nom de Saputo Enterprises, a-t-il dit. Nous n'avons rien à voir avec cette compagnie.»

Des enquêteurs italiens ont demandé à l'unité du crime organisé de la GRC de lui donner des informations à propos de M. Saputo.

Mais les policiers canadiens ne font pas de commentaires sur l'enquête italienne parce que la cause impliquant Rizzuto est toujours devant les tribunaux.

Rizzuto purge actuellement une peine de 10 ans de prison aux États-Unis pour le meurtre de trois dirigeants de la mafia new-yorkaise en 1981.

L'action de Saputo a clôturé en baisse de 6,3 %, à 28,05 $, après la publication des reportages, hier.