La Banque Royale augmente ses profits de 14 %

Toronto — Le bénéfice net de la Banque Royale a crû de 14 % au deuxième trimestre, dans un contexte de forte baisse des profits pour d'autres grandes banques canadiennes.

Il s'agit en fait du deuxième trimestre consécutif où la Royale va à contre-courant de l'ensemble de l'industrie, dont la rentabilité est affectée par l'augmentation des mauvaises créances.


La plus importante institution financière au pays a fait part hier d'un bénéfice net de 710 millions, ou 1,01 $ par action, pour son trimestre qui a pris fin le 30 avril. Cette performance se compare à des profits de 624 millions, ou 95 ¢ par action, lors du deuxième trimestre de l'exercice précédent.


«Malgré les défis auxquels continuent de faire face les entreprises du secteur des marchés des capitaux», la croissance des profits a été rendue possible par «la diversification de notre bénéfice, la rentabilité accrue de nos récentes acquisitions aux États-Unis et les mesures continues de contrôle des coûts», a précisé le chef de la direction de la Royale, Gordon Nixon.


Kevin Lampo, analyste de l'industrie bancaire pour la firme de courtage Edward Jones, à Saint Louis, croit pour sa part que la solide performance dans les services bancaires de détail au Canada et aux États-Unis, combinée à la prudence de la Banque Royale dans les prêts aux entreprises, lui permet de se distinguer par rapport à ses concurrentes. «Ils sont plus forts que la CIBC et la TD dans les segments de détail et de prêts aux entreprises de taille moyenne», a dit M. Lampo.


La CIBC a fait part mardi d'une chute de 50 % de ses profits, qui se sont établis à 235 millions. Quant à la TD, elle annonçait la semaine dernière que ses profits étaient passés de 359 millions il y a un an à 132 millions au deuxième trimestre de cette année. Dans les deux cas, les mauvaises créances dans le secteur des télécommunications ont largement contribué à la baisse des profits.


«Si vous analysez les activités de banque d'affaires [de la Royale], dont les résultats ont également été faibles, vous constatez qu'ils ne sont pas aussi vulnérables dans les secteurs de l'économie qui vont mal, particulièrement les télécommunications, a estimé M. Lampo. Ils se sont tenus loin de ces problèmes.»


La provision pour pertes sur créances de la Royale s'est établie à 328 millions au deuxième trimestre alors qu'un prêt douteux dans les télécommunications a été contrebalancé en partie par un gain de 98 millions sur un produit dérivé.


Les revenus ont augmenté de 12 % pour atteindre 3,92 milliards, principalement grâce aux récentes acquisitions réalisées aux États-Unis.





Acquisition aux États-Unis


La Royale a d'ailleurs annoncé hier qu'elle poursuivait son expansion avec l'acquisition de la division de gestion privée de la banque Barclay's aux États-Unis, en Amérique latine et dans les Antilles. Cette division de la banque britannique Barclays, qui a des bureaux à New York et à Miami, gère des actifs de 2,9 milliards $US. La Banque Royale a précisé qu'elle ne paierait pas plus de 90 millions $US pour cette acquisition.


Dans ses résultats trimestriels, la Royale a précisé que son rendement des capitaux propres s'est établi à 16,8 %, en baisse par rapport à celui de 19,2 % il y a un an, ce qui reflète l'émission de nouvelles actions au troisième trimestre de l'année dernière. À cet égard, la Royale a fait savoir qu'elle entendait racheter jusqu'à 20 millions d'actions ordinaires représentant environ 3 % de ses actions en circulation.