Branle-bas de combat à Shawinigan

Le ministre des Ressources naturelles, Claude Béchard, devrait être à Shawinigan vendredi. La mairesse de la ville en profitera pour lui renouveler la demande de bénéficier d’un bloc d’électricité à bon prix pour que les entreprises soient in
Photo: Jacques Nadeau Le ministre des Ressources naturelles, Claude Béchard, devrait être à Shawinigan vendredi. La mairesse de la ville en profitera pour lui renouveler la demande de bénéficier d’un bloc d’électricité à bon prix pour que les entreprises soient in

Frappée de plein fouet par l'annonce de la fermeture de l'usine Belgo, la ville de Shawinigan a reçu un coup de pouce de Québec hier, mais a profité de la présence de ministres pour faire valoir certaines demandes de longue date, dont l'attribution d'un bloc d'énergie à tarif préférentiel pour les entreprises industrielles.

Le gouvernement de Jean Charest a dépêché hier trois ministres dans la ville pour y dévoiler une intervention en deux volets: une aide aux travailleurs de la Mauricie qui pourrait atteindre cinq millions, et une enveloppe de 1,05 million sur trois ans pour que Shawinigan diversifie davantage son économie.

De son côté, la mairesse de Shawinigan, Lise Landry, a levé le rideau sur un nouveau fonds de soutien aux entreprises créatrices d'emplois, dans lequel la ville va injecter 450 000 $. Mme Landry souhaite que Québec, Ottawa et AbitibiBowater y mettent chacune un million.

Les multiples annonces d'hier ont été faites lors d'une conférence de presse réunissant la mairesse, le ministre du Développement économique, Raymond Bachand, la ministre des Transports et de la Mauricie, Julie Boulet, et le ministre de l'Emploi et de la Solidarité sociale, Sam Hamad.

AbitibiBowater a annoncé jeudi la première étape d'un plan de compression visant à maximiser les économies dans le cadre de la fusion d'Abitibi-Consolidated et Bowater. À l'usine Belgo, qui fabrique du papier journal, plus de 500 personnes perdront leur emploi au début de 2008. La compagnie, qui a aussi suspendu les activités à l'usine de Donnaconna, envisage d'autres mesures en 2008.

«La Ville de Shawinigan ne baissera pas les bras», a dit la mairesse Landry, qui a l'appui de plusieurs organismes, dont la Chambre de commerce et la Conférence régionale des élus de la Mauricie. Le regroupement fera tout ce qui est en son possible pour «surmonter le dur coup de la fermeture de la Belgo», a-t-elle dit. L'usine, selon elle, génère des retombées directes et indirectes de 60 millions, et l'impôt qu'elle paie représente 1,6 % du budget de la Ville, soit 1,1 million.

Tarif préférentiel

La ville a profité du moment pour revenir sur une demande qu'elle brandit depuis longtemps. Shawinigan, a dit la mairesse Landry, devrait pouvoir bénéficier d'un bloc d'électricité à bon prix pour que les entreprises soient incitées à investir dans leurs installations.

«Ça fait des années qu'on réclame un taux concurrentiel au chapitre de l'électricité», a-t-elle dit lors d'un entretien téléphonique. Dans les années 60, a-t-elle dit, la ville de Shawinigan a «accepté» la nationalisation de la production. «On s'est coupé d'un développement économique important», a-t-elle ajouté en disant que le développement de la ville s'était auparavant appuyé sur l'octroi de tarifs préférentiels aux grandes entreprises.

Selon une attachée de presse de M. Bachand qui était sur place hier, Jolyane Pronovost, le ministre a reçu la demande de Mme Landry en disant que cela relevait de M. Béchard et de la Régie de l'énergie.

Le ministre des Ressources naturelles, Claude Béchard, devrait être à Shawinigan vendredi, selon la mairesse. «On va lui renouveler la demande», a-t-elle affirmé. Shawinigan veut aussi des «négociations serrées» avec AbitibiBowater afin que toutes les solutions de maintien des activités soient examinées.

Un porte-parole de la compagnie, laquelle doit rencontrer le ministre Béchard demain, a indiqué au Devoir hier que la fermeture de l'usine Belgo est «définitive».

La mairesse Landry a déploré par ailleurs, comme l'ont fait bon nombre d'acteurs politiques et manufacturiers au cours des dernières semaines, l'absence d'implication du gouvernement fédéral.

Le débat des tarifs préférentiels revient souvent sur le tapis. En décembre 2006, par exemple, il a été alimenté par l'entente entre Alcan et le gouvernement Charest. Cette entente prévoyait qu'Alcan investirait deux milliards sur dix ans et embaucherait 740 personnes. En contrepartie, la compagnie a reçu un bloc d'électricité à bon prix pour plusieurs décennies. Alors que les uns parlent d'incitatif à l'investissement et de développement des régions, les autres y voient une forme de chantage corporatif.

Dans la grande région de la Mauricie, plusieurs usines vivent une existence incertaine: l'usine Laurentide à Grand-Mère, propriété d'AbitibiBowater, l'usine de câbles de Rio Tinto Alcan à Shawinigan, etc. Il y a aussi eu des pertes d'emplois chez Norsk Hydro et Kruger.

En octobre, le taux de chômage pour la Mauricie s'est chiffré à 8,1 %. À Trois-Rivières, située à seulement 35 kilomètres au sud de Shawinigan, il était de 7,3 %.
1 commentaire
  • André Bissonnette - Abonné 4 décembre 2007 17 h 19

    Le ti-gars de Shawinigan

    C'est pas le patelin de ti-Jean Chrétien ?
    Ne pôurrait-t-il pas intervenir...
    mais on sait que maintenant, il n'a plus besoin de votes !!