L'administration de Cinar préoccupe Pauline Marois

Québec — La ministre des Finances, Pauline Marois, se dit «préoccupée» par la situation qui règne dans l'administration de la société Cinar.

«La situation me préoccupe car, en apparence, on semble faire indirectement ce que la Commission des valeurs mobilières a demandé qu'on ne fasse pas directement», a déclaré Mme Marois à l'Assemblée nationale en réponse aux questions de la députée de Marguerite-Bourgeoys, Monique Jérôme-Forget.


Cette dernière a rappelé qu'à la suite d'une affaire de versement de subventions de plusieurs millions de dollars à Cinar, la Commission des valeurs mobilières avait exigé du couple Charest-Weinberg, propriétaire de 12 % des parts de l'entreprise, de renoncer à leur droit de vote et de le confier à un fiduciaire.


Le mandat de ce fiduciaire était de défendre les autres épargnants qui avaient investi dans Cinar, sans aucune intervention de la part du couple Charest-Weinberg.


«Or, dans les faits, il y aurait apparence d'intervention de la part du couple. J'avoue que cette situation est inquiétante. Cette situation me préoccupe parce que, en apparence, on semble faire indirectement ce que la Commission des valeurs mobilières» a voulu empêcher, a signalé la ministre Marois.


La ministre a promis de poser des questions relativement à ce dossier tout en rappelant que la Commission des valeurs mobilières est un organisme quasi judiciaire et qu'il est impossible pour la ministre d'intervenir dans le fonctionnement de cet organisme.


La députée Jérôme-Forget s'est pour sa part demandé «s'il n'y a pas lieu de s'inquiéter d'avoir laissé aux Charest-Weinberg l'autorité de pouvoir contrôler et de choisir le fiduciaire, qui est une personne respectable, et de permettre à cette personne de choisir la totalité du conseil d'administration de l'entreprise».


«Il y a quelque chose qui ne marche pas. La ministre des Finances le sait, et il faudra qu'elle bouge», a dit la députée de Marguerite-Bourgeoys. Elle a rappelé que 60 millions «avaient fondu comme du beurre dans la poêle» dans ce dossier et qu'il fallait intervenir pour protéger les petits épargnants. «Manifestement, il y a eu abus de confiance», a conclu la députée.