Landry et Pataki signent un accord de partenariat Québec-New York

Plattsburgh — Québec et l'État de New York ont signé, hier à Plattsburgh, un protocole d'entente visant à renforcer leurs liens, y compris divers projets liés au transport. Parmi ces projets, on note la résurrection du concept d'un train rapide entre Montréal et la ville de New York. Les parties n'en sont cependant qu'à l'étude de préfaisabilité.

L'accord binational a été signé officiellement hier matin par le premier ministre du Québec, Bernard Landry, et le gouverneur de l'État de New York, George E. Pataki, dans le cadre du Sommet économique Québec-New York.


Cet accord comprend différents projets de transport, financés à hauteur de 35 millions $US par l'État de New York et de 75 millions $CAN par le Québec. Cette dernière contribution du Québec avait déjà été annoncée relativement au corridor d'échange Québec-New York.


Le protocole d'entente ne vaut pas seulement pour les transports mais aussi le tourisme, la technologie et le développement économique, a signalé le premier ministre Landry en conférence de presse, au côté du gouverneur, après la signature officielle de l'accord.


L'État de New York est le premier partenaire commercial international du Québec. L'an dernier, les entreprises québécoises ont exporté dans cet État des biens d'une valeur de 8,8 milliards $CAN, soit 12,4 % des exportations totales du Québec et 14,6 % des exportations vers l'ensemble des États-Unis. Environ 75 % des exportations québécoises vers cet État et 88 % des exportations new-yorkaises vers le Québec sont faites par camion.


En matière de tourisme, en 2000, le Québec a accueilli 365 000 touristes provenant de l'État de New York, soit 16 % de l'ensemble des visiteurs américains. Ceux-ci ont injecté 170 millions $CAN dans l'économie québécoise. À l'inverse, 600 000 Québécois ont visité l'État de New York, y dépensant 129 millions $CAN.


Ce sommet économique Québec-New York était le premier du genre, bien que les deux partenaires entretiennent des liens soutenus, sur le plan tant commercial que touristique. Quelque 450 personnes y ont participé, provenant des milieux gouvernemental, universitaire et d'affaires.


Le gouverneur Pataki s'est engagé, comme il l'avait fait la veille, lors de la première journée du sommet, à Saint-Jean-sur-Richelieu, à promouvoir la désignation par Washington du corridor Montréal-New York comme corridor «hautement prioritaire» en vertu de la loi fédérale américaine sur les transports. Cette désignation juridique permettrait d'obtenir des fonds fédéraux discrétionnaires de Washington pour l'amélioration du corridor, a fait savoir le gouverneur Pataki. Québec fera de même auprès de sa contrepartie fédérale.


Le ministre québécois des Transports, Serge Ménard, a rappelé les grandes lignes de la portion québécoise de ce plan de 75 millions, déjà annoncé, pour l'amélioration des infrastructures de l'autoroute 15 à partir de Montréal et des installations près du poste frontalier de Lacolle-Champlain.


Les investissements, du côté tant québécois qu'américain, visent à améliorer la fluidité de la circulation tout en maintenant des mesures de sécurité raisonnables dans l'ère post-11 septembre. Entre autres, on construira un nouveau poste de contrôle routier qui fera appel aux plus récentes technologies, a noté le ministre Ménard. Certains tronçons routiers seront reconstruits. La halte routière de Lacolle, près de la frontière, sera réaménagée. La signalisation routière devrait également être harmonisée des deux côtés de la frontière.