Le Quartier sur le fleuve - Un village urbain pour l'Île-des-Soeurs

Le projet du Quartier sur le fleuve, sur la pointe nord de l’Île-des-Soeurs. Source:Corporation Proment
Photo: Le projet du Quartier sur le fleuve, sur la pointe nord de l’Île-des-Soeurs. Source:Corporation Proment

Au fil des ans, on a vu apparaître au Québec des immeubles certifiés LEED (Leadership in Energy and Environmental Design), comme la TOHU, la Cité des arts du cirque, à Montréal. Maintenant, il commence à s'agir de quartiers construits avec de grandes préoccupations écologiques. C'est du moins ce que tentera de faire Corporation Proment sur la pointe nord de l'Île-des-Soeurs, avec le projet du Quartier sur le fleuve. 1800 unités résidentielles sont prévues, pour une valeur de 600 millions $.

Grâce à son expérience des deux phases du Vistal, avec lesquelles elle souhaite décrocher la certification LEED or, Corporation Proment a maintenant l'habitude des projets axés sur des principes de développement durable. Toutefois, avec le Quartier sur le fleuve, l'ambition est beaucoup plus grande encore.

«C'est un véritable village urbain que nous voulons bâtir dans un cadre de développement durable, avec à la fois des unités résidentielles, des commerces et des immeubles à bureaux», explique avec enthousiasme le vice-président développement et construction de Corporation Proment, Louis-Joseph Papineau.

En effet, le Quartier sur le fleuve, à l'Île-des-Soeurs, est l'une des 24 initiatives qui prendront part au projet-pilote de LEED pour le développement des quartiers. La conception et l'emplacement des nouveaux ensembles résidentiels, commerciaux ou à usage mixte seront évalués, en ce qui a trait à leur impact environnemental, à l'échelle de l'îlot ou du quartier plutôt qu'à l'échelle des seuls bâtiments.

Un véritable mode de vie

Avec le projet Quartier sur le fleuve, Corporation Proment souhaite créer un milieu où la qualité de vie sera considérablement améliorée par différentes stratégies qui serviront également à diminuer les impacts sur l'environnement.

«Par exemple, avec la création d'un espace urbain mixte où des unités d'habitation seront voisines d'immeubles à bureaux et de commerces, nous favoriserons les déplacements à pied plutôt que l'utilisation de la voiture. En plus d'être excellent pour l'environnement, ce sera excellent pour les résidents du quartier puisque cette proximité pourrait faire descendre leur niveau de stress», explique M. Papineau.

Pour que ces déplacements soient agréables, un réseau de sentiers et de rues piétonnes sera tracé. «La ville participe également au projet puisqu'elle prévoit créer une piste cyclable et piétonne qui ceinturera notre projet de quartier», ajoute le promoteur.

Encore plusieurs éléments à déterminer

Pour ce qui est des entreprises qui s'installeront sur l'Île-des-Soeurs, Bell Canada a déjà annoncé qu'elle déménageait son siège social situé actuellement dans le centre-ville de Montréal. Pour le reste, le Quartier sur le fleuve demeure encore dans la phase de planification. «Nous sommes en train de compléter notre plan directeur. Nous déterminons où seront les espaces verts, quels types d'unités nous voulons construire à quels endroits et quelles seront les stratégies d'efficacité énergétique à employer», précise M. Papineau.

Corporation Proment a tout de même déjà déterminé qu'il y aura une certaine diversité dans l'offre de types d'habitation, et ce, afin d'attirer une clientèle aux besoins différents: maisons de ville, condos dans de hautes tours et condos d'autres plus près du sol. Évidemment, un certain nombre de bâtiments seront eux-mêmes certifiés LEED. Si les stratégies à adopter ne sont pas encore toutes choisies, certains éléments seront littéralement incontournables, comme l'utilisation maximale de toits verts. Il est souhaité qu'«environ 90 % [des] toitures et sous-toitures soient végétalisées pour diminuer le phénomène d'îlot de chaleur, pour réduire notre apport à l'égout pluvial et également pour donner une meilleure qualité de vie à nos résidents», affirme M. Papineau.

Corporation Proment est encore en train d'évaluer le nombre de commerces qui pourront accompagner ce projet résidentiel de 1800 unités qui devrait fournir un toit à 3000 personnes. Parmi les types de commerces envisagés: salons de coiffure, nettoyeurs, banques, restaurants, cafés et boutiques. Pour le moment, ce sont environ 40 000 pieds carrés d'espace commercial qui pourraient être construits, mais ce nombre pourrait être revu à la hausse ou à la baisse, selon l'évaluation des besoins.

Louis-Joseph Papineau a toutefois bon espoir que les travaux de planification progresseront rapidement. «Nous souhaitons arriver avec un plan détaillé de notre projet pour le printemps prochain et même commencer la vente dès juin.»

Collaboratrice du Devoir
2 commentaires
  • François Caron - Abonné 17 novembre 2007 11 h 15

    La maudite occultation du paysage par les über-riches

    Ce n'est pas en aménageant des petits sentiers derrière les maisons entre la rive et les clôtures de manoirs privés que l'expérience paysagère naturelle va être qulitativement rehaussée.

    Quand est-ce que la Ville de Montréal (dirigée par des crypto-libârals) va INTERDIRE la construction en rive sur les berges et littoraux des ruisseaux, rivières, lacs, mer et fleuve du Québec aux promoteurs (en grande majorité sympathisants et contributeurs occultes libârals), ce que le gouvernement (libâral) de la Province Of Quebec n'a jamais eu la moindre velléité de faire respecter ?

    Quand va cesser l' appropriation et le saccage par les über-riches (souvent ignares et incultes en dehors de la chose économique et financière) de la ressource paysagère du Québec ???

  • Eric Brouillard - Inscrit 23 novembre 2007 11 h 37

    Vraiment durable?

    Je me pose des questions quant à l'aspect durable d'un quartier aménagé de la façon prévue dans l'article. En effet, il apparaît qu'aucune mixité économique n'est prévue.

    Un tel aménagement est problématique pour le bon développement de la société en général. L'aménagement contribue à la non-mixité des différentes classes sociales ce qui à terme vient accroître les tensions entre elles. Les différentes classes ne se côtoyant plus elles ne se connaissent ce qui contribue à l'accroissement des préjugés des personnes les uns envers les autres.

    De plus, - un niveau pratique, la question se pose à savoir si une non-mixité sociale est viable économiquement. Actuellement, la Nouvelle-Orléan souffre de la non présence des pauvres (les beaux quartiers ont survécu). Pensez-y, qui occuperont les postes moins bien rémunérés dans les restaurants, les salons de coiffure, les bistros et les magasins qui doivent faire parties du développement? Les enfants des propriétaires de condo? Il apparaît que dans la pratique, arrivé à une certaine taille de développement, cela n'est plus suffisant. Notez aussi que l'Île des Soeurs constitue un enclavement naturel qui isole encore plus les populations sur elles-mêmes.