L'idée d'un train rapide Montréal-New York flotte encore dans l'air

Plattsburgh — Le fameux projet de train rapide entre Montréal et New York a été ressuscité et, cette fois-ci, c'est New York qui semble en être le plus fervent promoteur.

L'idée a été relancée par certains hier au Sommet économique Québec-New York, qui réunissait des représentants gouvernementaux, universitaires et du milieu des affaires des deux régions.


En fait, c'est le commissaire au département des Transports de l'État de New York, Joseph Boardman, qui s'en est fait le partisan le plus fervent, de même que le gouverneur de l'État, George Pataki.


Après avoir prononcé une allocution au cours de laquelle il a brièvement abordé la question, M. Boardman s'est montré plus éloquent au cours d'une rencontre qui a suivi avec la presse au côté de son homologue, le ministre québécois des Transports, Serge Ménard.


Pour l'instant, les deux parties ont simplement convenu de réaliser une étude de préfaisabilité, étude à laquelle Québec consacrera 50 000 $ en plus d'un montant de 25 000 $ pour une étude de marché qui sera menée par le département des Transports de l'État de New York. L'État de New York injectera au total 325 000 $US dans l'étude de préfaisabilité, a précisé le commissaire Boardman.


Devant les journalistes, M. Boardman rêvait déjà de possibilités de partenariat avec l'entreprise privée, peut-être avec Hydro-Québec, le Canadien Pacifique ou le Canadien National. Il a aussi évoqué la possibilité que le futur train suive le corridor de l'autoroute 15 au Québec et de l'Interstate 87 aux États-Unis, transportant tantôt des passagers, tantôt des marchandises.


Il y a toutefois loin de la coupe aux lèvres: M. Boardman a dû reconnaître que l'étude de préfaisabilité à elle seule prendra au moins un an, voire un an et demi.


Cette étude de préfaisabilité viserait justement à déterminer ce qui peut être réalisable, avec qui, par quels moyens, à quel coût et avec quelle technologie, a noté M. Boardman.


Interrogé à savoir quel serait le prix d'un tel train, M. Boardman n'a pas répondu directement à la question, lançant plutôt: «Quel serait le coût si nous décidions de ne pas le faire?»


Le ministre Ménard, de son côté, semblait heureux de voir son homologue de New York si enthousiaste à l'idée de ce projet. M. Ménard a toutefois noté qu'il est «question de plusieurs années» avant qu'un tel concept puisse voir le jour, le cas échéant. M. Boardman a lui-même avancé des échéanciers de dix, voire quinze ans.


Ce train serait «une infrastructure qui se paierait par elle-même; c'est un investissement, pas une dépense», a opiné le ministre Ménard.


Plus tard dans la journée, le président-directeur général de Bombardier, Robert Brown, dont la participation au projet était ouvertement souhaitée par M. Boardman, a manifesté son ouverture. «On va contacter des gens de New York et du Québec pour voir si on peut participer aux études. Je veux en discuter avec M. Pataki et M. Landry.»


L'idée l'intéresse visiblement. C'est «une ouverture, dans notre cas, d'être impliqués», a-t-il dit aux journalistes. «Pour nous, tout est possible.»


Plus tôt, devant les participants au Sommet Québec-New York, il avait soutenu qu'il serait prêt à «jouer un rôle très important dans ce projet» de train rapide, qu'il a dit accueillir avec plaisir.