Bilan de la mission économique - Le "modèle québécois" intrigue le Maghreb

Le "modèle québécois" intéresse vivement les pays du Maghreb. Caisse de dépôt, Fonds de solidarité, SGF... Au cours de cette mission économique au Maroc, en Algérie et en Tunisie, terminée samedi, les conversations de la ministre des Finances, Pauline Marois, ont maintes fois porté sur ces leviers dont le Québec a su se doter afin d'asseoir et d'accélérer son développement économique.

"L'intérêt de ces pays pour le "modèle québécois" m'a frappée. Partout où j'allais, dans toutes les rencontres que j'ai eues, avec les ministres, avec les premiers ministres du Maroc et de Tunisie, on s'intéressait vivement à ces formules du type Caisse de dépôt ou Fonds de solidarité", a déclaré Mme Marois au cours d'un entretien téléphonique vendredi. Elle rappelle que les pays du Maghreb sont des pays en émergence, dont l'économie commence à s'ouvrir. "Ils partent d'une économie contrôlée sous la gouverne de l'État", rappelle-t-elle. Avec l'ouverture qu'ils manifestent, leur développement économique peut s'inspirer de cette référence au "modèle québécois", croit-elle.

Au cours de cette mission - une deuxième en autant d'années dans cette région -, Mme Marois était accompagnée de représentants de 22 entreprises québécoises. Cette délégation est revenue avec des contrats et des protocoles d'entente valant 66 millions. Lors de la mission d'automne 2000, qui a amené le ministre des Finances d'alors, Bernard Landry, au Maroc, en Algérie, en Tunisie et au Liban, quelque 40 ententes avaient été conclues, pour une valeur totale de près de 200 millions. "De telles missions valent la peine. Pour cette région du globe, les entreprises ont pu établir les contacts. Nous avons également un délégué [commercial] au Maghreb, qui couvre le Maroc, la Tunisie, l'Égypte et le Moyen-Orient. Nous disposons donc de plus de moyens pour assurer le suivi."

Deux missions, plus de moyens afin d'assurer le soutien aux entreprises, mais toujours la même contrainte. Cette contrainte liée au financement et rendant difficile le passage de l'entente de principe à la signature finale. "Le financement reste la partie difficile dans cette transformation entre un protocole d'entente en une entente commerciale. Nous travaillons avec l'agence fédérale [l'ex-Société pour l'expansion des exportations] afin qu'elle accepte de revoir ces critères, qui se veulent assez rigides."

Ainsi, tant au fédéral qu'à Québec, il n'y a pas de ligne de crédit pour ce type d'opérations commerciales. Québec se promettait d'ailleurs, au lendemain de la mission d'automne 2000, d'examiner le tout à l'intérieur d'un processus plus large visant à définir la stratégie du Québec à l'étranger. Mme Marois a précisé que le point sur cette question sera fait dans quelques semaines.