Bernard Landry tranche - Québec continuera de nommer le président de la Caisse

Québec - C'est le gouvernement qui nommera le successeur de Jean-Claude Scraire à la tête de la Caisse de dépôt et placement, a affirmé hier le premier ministre Bernard Landry.

Des propositions ont circulé au cours des derniers jours, suggérant que le gouvernement ne devrait plus nommer le président de la Caisse afin d'en assurer la pleine indépendance face à l'État.

"Une telle proposition nous est inacceptable", a déclaré M. Landry à l'Assemblée nationale, lors d'un débat avec le chef de l'opposition, Jean Charest, et le chef de l'Action démocratique, Mario Dumont. "Il y en a qui ont des tendances pour le secteur privé dans tous les domaines. Mais la gestion de la Caisse est du domaine public et elle va le rester. Comme l'a fait Jean Lesage, c'est le gouvernement du Québec qui nommera le principal dirigeant de cette institution", a dit M. Landry.

Le premier ministre a rendu hommage au président de la Caisse, Jean-Claude Scraire, qui a annoncé la semaine dernière qu'il renonçait à son poste, même si son mandat ne venait à échéance qu'en mars 2005.

Un débat

Le chef de l'opposition libérale, Jean Charest, a souhaité un vaste débat sur la réorganisation de l'institution. "Ce qui me préoccupe, c'est qu'il y ait un vaste débat sur l'avenir de la Caisse et qu'on évite d'agir sur un coup de tête alors que ces questions sont très importantes", a dit le chef libéral.

Selon M. Charest, on doit revoir le mandat de la Caisse de dépôt et placement. Il y a eu a cet égard des recommandations de M. Scraire, mais aussi de l'ancien ministre de la Santé, Claude Castonguay, et du Vérificateur général du Québec. Il serait important que non seulement les députés mais tous les citoyens intéressés par cette question puissent s'exprimer devant une commission parlementaire, a proposé M. Charest.

Quant au chef de l'Action démocratique, Mario Dumont, il a réclamé qu'il y ait "moins de contrôle gouvernemental" sur la Caisse. "La Caisse étant une institution publique, on veut s'assurer qu'elle va prendre toujours l'intérêt du public et non pas prendre les commandes du gouvernement", a dit le député Dumont.

Garantie d'indépendance de la Caisse

Le premier ministre Bernard Landry a cependant expliqué que la loi garantissait à la Caisse sa pleine indépendance, à trois exceptions près: le gouvernement, par le biais du ministre des Finances, peut s'informer de la situation de l'institution, en déposer le rapport annuel à l'Assemblée nationale et en nommer les administrateurs.

Dans son dernier rapport annuel, la Caisse de dépôt et placement, qui gère les épargnes publiques de tous les Québécois, déclarait des actifs de 133,1 milliards. Malgré un rendement négatif de 5 % en 2001, la Caisse a enregistré un rendement moyen de 10,4 % pour la période 1995-2001, ce qui lui a valu la cote AAA récemment décernée par la firme américaine Standard and Poor's.