Douze entreprises s'installent dans la Zone de commerce électronique

Douze entreprises actives dans le secteur des affaires électroniques ambitionnent de créer 2600 emplois d'ici 2005 dans la Zone de commerce électronique, au centre-ville de Montréal, plutôt que dans la Cité du commerce électronique, où les avantages fiscaux sont pourtant beaucoup plus généreux, a-t-on annoncé hier.

Selon l'évaluation faite par la ministre des Finances, Pauline Marois, les avantages fiscaux consentis aux 12 entreprises en question totaliseront 28 millions et seront sous forme de crédits d'impôt.

La société Ideas et associés, du secteur des technologies de l'information, qui a actuellement 50 employés, compte en faire grimper le nombre à 780 d'ici la fin de 2005. Oratel Custumer Center, en période de lancement, envisage la création de 849 emplois d'ici la fin de 2004 pendant que B. B. Worldlink, également une toute nouvelle entreprise, projette de créer 611 emplois d'ici la fin de 2005.

Les dirigeants de ces trois entreprises, comme les neuf autres agréés par le gouvernement québécois, profiteront de crédits d'impôt équivalant à 35 % de la croissance de la masse salariale (sur les nouveaux emplois) pour une période de cinq ans. Si ces entreprises avaient choisi de s'installer dans la Cité du commerce électronique, soit dans le quadrilatère situé au nord du Centre Molson, elles auraient eu droit à des crédits d'impôt de 35 % (un maximum de 12 500 $ par année) sur les salaires versés, qu'ils soient nouveaux ou pas, et ce pour une période de dix ans.

Zone ou Cité

Lors du budget de novembre 2001, la ministre Marois avait réduit de moitié la taille du projet de la Cité du commerce électronique et, cédant aux critiques, avait créé la Zone de commerce électronique, qui s'étend sur l'ensemble du centre-ville de Montréal.

Même s'il n'y a que la firme ComputerSciences et CGI qui ont choisi de s'installer dans la Cité, il n'est pas question pour la ministre Marois de revoir la pertinence de celle-ci. "Non, parce que, jusqu'à maintenant, nous avons des demandes aussi pour l'édifice lui-même [la Cité] et ce sont des demandes importantes. Certains préfèrent avoir accès à des locaux neufs construits en tenant compte de leurs besoins immédiats et concrets", a fait valoir Mme Marois.

"Le Mouvement Desjardins a déjà annoncé l'investissement pour la deuxième phase. S'ils l'ont fait, c'est qu'ils étaient assurés d'avoir des gens qui allaient s'implanter dans l'édifice", a-t-elle renchéri. La deuxième phase de la Cité a été lancée il y a trois mois au coût de 90 millions. Le Mouvement Desjardins détient 100 % des actions.

Une fois complétée, la Cité comptera 1,5 million de pieds carrés dans quatre tours et aura nécessité des investissements de 300 millions.

Pour Catherine Angelatou, présidente et chef de la direction d'Oratel Customer Center, les deux éléments qui l'ont fait pencher en faveur de Montréal plutôt que pour la Nouvelle-Écosse, ce sont les crédits d'impôt et le bilinguisme du bassin des travailleurs. Pour Arthur Gutch de Ideas et associés, les avantages fiscaux consentis par le Québec représentent une réduction de coûts de 30 à 40 %, ce qui fait du Québec l'endroit où les coûts d'implantation d'une entreprise sont les plus bas en Amérique du Nord et en Europe, a-t-il dit en substance.

Pour sa part, le premier ministre Bernard Landry a dit voir dans la décision des 12 entreprises d'adopter la Zone de commerce électronique "un signe de succès d'une stratégie interventionniste, agressive et parfois audacieuse, et qui donne des résultats excellents".