Marchés boursiers - Les démissions à Washington profitent à Toronto

Toronto - La Bourse de Toronto a terminé en hausse hier, l'attention des investisseurs se détournant des données décevantes de l'emploi aux États-Unis pour se fixer sur les espoirs de reprise suscités par un remaniement-surprise de l'équipe économique de George W. Bush.

L'indice composé S&P/TSX a pris 35,23 points, ou 0,5 %, à 6577,20 points, terminant la semaine sur un infime gain de 0,1 %. Le Dow Jones a pour sa part gagné 22,49 points, soit 0,3 %, à 8645,77 points, et l'indice Standard & Poor's 500, 5,68 points (0,6 %) à 912,23 points. Le Nasdaq a avancé de 11,63 points (0,8 %) à 1422,38 points.

L'annonce de la démission du secrétaire américain au Trésor Paul O'Neill et du conseiller économique du président Bush, Lawrence Lindsey, a redonné de la vigueur au parquet, qui avait commencé la séance sur une pente descendante.

Le lourd secteur de la finance a grimpé de près de 1 %, faisant contrepoids au déclin de 2 % des valeurs technologiques. Dans l'ensemble, sept des dix sous-groupes du TSX ont clôturé en hausse. La reprise du marché depuis octobre a reposé essentiellement sur la hausse des titres technologiques. Plusieurs analystes appellent toutefois les investisseurs à la prudence, soulignant les nombreuses incertitudes qui assombrissent l'horizon économique.

À Wall Street

Les marchés boursiers américains ont clôturé en légère hausse hier, dans l'espoir que le remaniement de l'équipe économique de George W. Bush amènera de nouvelles idées pour soutenir l'économie, mais la médiocrité inattendue des chiffres de l'emploi a limité les gains. «Le sentiment général, c'est que les personnes qui seront nommées constitueront probablement une amélioration du point de vue des marchés financiers [parce qu']elles s'attacheront probablement à accélérer la croissance», a expliqué Joseph Stocke, responsable des investissements chez StoneRidge Investment Partners. «On a eu l'impression que les choses ne se passaient pas aussi bien qu'elles auraient dû et un changement devrait améliorer cela.»

Un responsable de l'administration Bush a précisé que O'Neill partait «à la demande de la Maison-Blanche». La réorganisation semble destinée à protéger la Maison-Blanche contre ce qui pourrait s'avérer sa principale faiblesse pour la campagne présidentielle de 2004 — l'impression de l'opinion publique que l'économie américaine s'est essoufflée, ne se trouve pas entre des mains expertes. «Le marché y voit un changement d'attitude de l'administration Bush et se demande s'il peut être plus volontariste sur les politiques qu'elle veut instituer pour muscler la reprise économique», a expliqué Paul Cherney, analyste de marché chez S&P Marketscope.

Au beau milieu d'une série d'indicateurs plutôt encourageants, le taux de chômage est remonté à son plus haut niveau depuis avril, à 6 % en novembre contre 5,7 % en octobre et 5,8 % attendu. L'économie américaine a perdu 40 000 emplois hors secteur agricole le mois dernier — alors qu'on attendait 38 000 créations. «Le chômage reste à des niveaux historiquement bas, mais cela ne fait que montrer que la reprise reste molle et qu'elle devrait continuer à l'être, a noté Edgar Peters, responsable des investissements chez PanAgora Asset Management, qui gère 12 milliards de dollars. Nous aurons donc une croissance économique très faible et probablement même un ralentissement de la croissance des bénéfices.»