Chute de près de 7 % - Le titre de Bombardier pâtit des problème d'UAL

Le titre de Bombardier a cédé hier près de 7 % en raison des inquiétudes sur ses livraisons d'avions régionaux advenant une faillite du transporteur américain United Airlines, ont indiqué des analystes.

Le titre de classe B de Bombardier, troisième avionneur civil et premier fabricant de jets régionaux au monde, a perdu hier 36 ¢ à 4,80 $ sur un volume de plus de 12 millions d'actions à la Bourse de Toronto. L'action avait cédé plus de 9 % jeudi, après que UAL Corp., société mère de United Airlines, n'eut pu obtenir une garantie de prêt de 1,8 milliard $US du gouvernement américain, ce qui lui aurait permis d'éviter la faillite.

Délai dans les livraisons

L'éventuel dépôt de bilan d'UAL fait principalement craindre un délai dans les livraisons ou une diminution des commandes de jets régionaux chez les transporteurs affiliés de United. «La Bourse n'aime pas l'incertitude», a résumé Steve Laciak, analyste à la Financière Banque Nationale.

Bombardier doit livrer dans les deux prochaines années 135 jets régionaux, pour une valeur totale de trois milliards $US, à Air Wisconsin, Atlantic Coast Airlines et SkyWest Airlines, tous trois affiliés à United.

Selon Steve Laciak, même si l'incertitude entourant les livraisons pourrait faire fluctuer les bénéfices de Bombardier au cours des prochains trimestres, le recours par UAL au chapitre 11 de la loi américaine sur les faillites ne devrait pas trop affecter la compagnie montréalaise. Les transporteurs régionaux, qui utilisent des jets de 50 à 100 places pour effectuer des liaisons entre de plus petites villes, sont beaucoup moins touchés par les difficultés qui secouent le secteur aérien américain.

Leurs coûts d'exploitation étant généralement plus bas que ceux des grandes lignes, les transporteurs régionaux ont entrepris de renouveler leur flotte avec des jets régionaux plus efficaces, livrés notamment par Bombardier et par son rival brésilien Embraer SA.

Les analystes s'attendent à ce que cette tendance se poursuive, surtout si les déboires financiers des principaux transporteurs leur permettent de résilier les clauses des contrats de travail qui empêchent les pilotes de plus gros avions d'être réaffectés à de plus petits appareils.

Lundi dernier, Air Wisconsin a signé un contrat de 140 millions $US avec Bombardier pour la livraison de six jets CRJ-200 supplémentaires, portant sa commande totale à 64 avions, desquels 27 ont déjà été livrés.