Le Cône Sud veut plus de poids au sein de la ZLEA

Brasilia - Les dirigeants du continent sud-américain ont conclu deux jours de discussions, hier à Brasilia, en affirmant s'être mis d'accord sur un projet de zone de libre-échange dans le Cône Sud, lequel pourrait voir le jour en 2005.

La zone inclurait le Mercosur (Brésil, Argentine, Uruguay et Paraguay, plus Chili et Bolivie, membres associés) et la Communauté andine, qui réunit le Venezuela, la Bolivie, la Colombie, l'Équateur et le Pérou.

Par ailleurs, la Guyana et le Surinam ont été invités à rejoindre les discussions, alors que le Venezuela ne désespère pas de convaincre les pays des Caraïbes d'en faire autant.

D'après le calendrier établi hier, les discussions sur la disparition des barrières douanières devraient aboutir fin 2003, ce qui donnera plus de poids à l'Amérique du Sud dans ses discussions avec Washington en vue de rejoindre la Zone de libre-échange des Amériques (ZLEA), allant du Nunavut à la Patagonie, a assuré le ministre vénézuélien du Commerce, Ramon Rosales.

Toutefois, certains doutent qu'on puisse arriver à un accord final d'ici un an, étant donné que beaucoup de dirigeants consacrent leurs efforts à la résolution de la crise économique frappant leurs pays respectifs.

Un espoir

Un engagement avec date cible «ne répond peut-être pas à toutes les attentes, mais il représente un nouvel espoir pour l'intégration [économique] de l'Amérique latine», a convenu M. Rosales.

Créer une grande zone de libre-échange ne sera pas facile en tout cas, le Brésil et l'Argentine ayant des secteurs manufacturiers et agricoles beaucoup plus puissants que ceux de leurs voisins.

La Bolivie et l'Équateur, par exemple, exigent des garanties de Brasilia et Buenos Aires qu'on n'inondera pas leur marché intérieur avec des biens argentins et brésiliens aux coûts de production inférieurs.

Mais, insiste Ramon Rosales, l'Amérique du Sud doit régler ces questions afin d'être en meilleure position pour négocier avec les États-Unis dans le cadre de la ZLEA. «S'il y a un déséquilibre du développement au sein de notre région, imaginez le déséquilibre entre elle et les États-Unis», a-t-il ajouté.