Des dons de lait

Québec - Finis, les millions de litres de lait jetés aux égouts: les gens de l'industrie se sont entendus avec l'organisme Moisson Montréal pour que le précieux liquide soit remis aux plus démunis de la société.

«Ça fait deux ou trois ans que nos producteurs nous demandaient un programme de don de lait. Ce qui accrochait, c'était du côté de la transformation», a expliqué le président de la Fédération des producteurs de lait du Québec, Jean Grégoire. «[...] Nous voulions nous assurer que les gens les plus défavorisés aient accès aux produits laitiers.»

Producteurs, transformateurs et transporteurs en sont arrivés à une entente après de longues négociations. Une fois trait, le lait doit être expédié à une usine de transformation pour y être pasteurisé et mis dans des contenants. Il fallait donc s'entendre sur la répartition des coûts, et les négociations ont été longues.

Du lait aux égoûts

À l'été, on apprenait que les producteurs de lait avaient jeté quelque deux millions de litres de lait depuis le mois de mai. La nouvelle avait fait grand bruit en juillet puisque le lait est une denrée rare dans les banques alimentaires.

La raison de ce gaspillage? Plusieurs des 8500 agriculteurs de cette industrie avaient dépassé leur quota de production. L'industrie limite le nombre d'hectolitres de lait afin de protéger le prix de ce produit de consommation.

Pour la première année du programme, la fédération espère distribuer au minimum 400 000 litres de lait. «C'est un départ, a souligné M. Grégoire. En termes de volume, ce n'est pas gros par producteur [50 litres]. On s'attend à ce que de plus en plus de producteurs adhèrent à ce programme volontaire. On ne veut pas que ce soient des dons ponctuels. On demande des engagements des producteurs pour une période de six mois.»

Pour faciliter le projet, l'Union des producteurs agricoles (UPA) a accepté de ne pas prélever de contribution pour le lait donné. Normalement, l'organisme recueille 10 ¢ par hectolitre de lait produit. «Les producteurs ont toujours voulu donner, mais ce n'était pas simple de trouver un moyen de le faire puisqu'on ne peut pas dire aux gens de venir chercher du lait à la ferme», a souligné le président de l'UPA, Laurent Pellerin.

Il s'agit du premier programme continu de dons. Les gens de l'industrie participent chaque année à plus de 20 000 paniers de Noël en offrant lait et fromage. «Et ces dons vont continuer», a précisé Jean Grégoire.