Pour l'exercice 2002 - La Scotia dévoile un bénéfice de 1,8 milliard

Dernière des cinq grandes banques à dévoiler ses résultats financiers, la Scotia a complété la cuvée 2002 avec un bénéfice en hausse au quatrième trimestre. Pour l'ensemble de l'exercice, la deuxième banque en importance au pays en matière d'actif a subi les contrecoups de sa mésaventure argentine. Ce qui ne l'a tout de même pas empêchée d'ajouter 3 ¢ à son dividende trimestriel, qui passe à 40 ¢ l'action ordinaire.

Avec la Scotia, les cinq grandes banques affichent, pour l'exercice clos le 31 octobre 2002, un bénéfice net de 6,7 milliards, en baisse de 26 % par rapport à celui de neuf milliards de l'exercice 2001, avec une performance bigarrée allant d'une progression de 19 % dans le cas de la Royale en un passage de profit à perte en ce qui a trait à la TD.

La Banque Scotia vient donc compléter ce tableau avec un bénéfice net de 1,8 milliard, ou 3,30 $ l'action, au terme de l'exercice 2002, comparativement à 2,17 milliards (4,05 $ l'action) un an plus tôt. Le rendement des capitaux propres est passé de 17,3 % à 13 % entre les deux exercices de comparaison. Les données de 2002 renferment toutefois une charge non récurrente de 540 millions après impôts, liée à sa mésaventure en Argentine. N'eût été de cette ponction, le bénéfice net de l'exercice 2002 se serait chiffré à 2,34 milliards.

La Scotia a souligné que l'un des défis majeurs auxquels l'institution a été confrontée cette année a été «la tragique situation en Argentine. Avec beaucoup de regrets, nous y avons vendu les activités de Scotiabank Quilmes en raison des problèmes de liquidités qui ont affecté l'ensemble de l'industrie des services financiers dans le contexte des graves difficultés politiques et économiques que connaît ce pays».

Éloge de la diversification

Faisant l'éloge de la diversification de ses activités et en référence à la solide performance de ses activités traditionnelles au Canada, la Scotia a comptabilisé un bénéfice net de 583 millions (1,09 $ par action) au quatrième trimestre, en hausse de 3 % sur celui de 566 millions (1,05 $ l'action) du trimestre correspondant de 2001. Le rendement des capitaux propres de ces quatrièmes trimestres a été de 16,5 % et de 17 % respectivement.

La Scotia a comptabilisé une provision pour pertes sur prêts de 429 millions au quatrième trimestre 2002, contre 350 millions au cours des trois derniers mois de l'exercice 2001. Pour l'ensemble de l'exercice, la provision a été de 2,03 milliards, contre 1,43 milliard. Le chiffre de 2002 renferme une provision de 454 millions afférente à l'exposition de la banque en Argentine.

L'institution, qui coiffait un actif de 296 milliards au 31 octobre dernier, n'a pas été épargnée par la détérioration du marché américain des prêts aux grandes entreprises. «Les conditions sont demeurées très difficiles pour Scotia Capitaux aux États-Unis, principalement dans le secteur des télécommunications et, plus récemment, dans celui de l'électricité et de l'énergie», a-t-elle souligné dans son communiqué. L'institution n'a eu d'autre choix que d'accroître de façon substantielle ses provisions pour pertes sur prêts aux États-Unis, passées de 671 millions à 1,13 milliard entre les exercices 2001 et 2002. En fait, le montant net des prêts douteux, déduction faite des provisions pour pertes sur prêts, s'est inscrit à 620 millions, soit une augmentation de 361 millions sur 12 mois, «presque entièrement attribuable au portefeuille des prêts de la banque aux États-Unis», a-t-elle ajouté.