Cap sur le désendettement - Vivendi Universal prend le contrôle de sa filiale Cegetel

Paris — Le groupe français de média et communication Vivendi Universal (VU) a décidé d'éconduire l'opérateur britannique Vodafone, de prendre le contrôle de sa filiale de téléphonie Cegetel et de maintenir le cap sur le désendettement.

Lors d'une conférence de presse hier à l'issue d'un conseil d'administration consacré à Cegetel, le p.-d.g. de VU, Jean-René Fourtou, a annoncé qu'il s'était «rallié à la stratégie» du vétéran de Hollywood, Barry Diller, tendant à créer un groupe de loisirs «sous la marque Universal» aux États-Unis. Il l'a chargé provisoirement de coprésider l'ensemble de ses activités dans les loisirs, le cinéma, la télévision, la musique et les jeux.

M. Fourtou n'exclut pas de réexaminer l'offre de l'investisseur américain Marvin Davis, qui avait proposé début novembre d'acquérir ces activités pour 20 milliards d'euros (dont cinq milliards de reprise de dette).

Le p.-d.g. de VU, qui a annoncé un programme de réduction de coûts pour les activités américaines de VU, a estimé qu'il n'y a aucune raison, à terme, de garder à la fois Cegetel et ces activités américaines, ouvrant ainsi la voie à une possible scission.

Affirmant qu'il n'avait «pas l'intention de créer un holding financier» juxtaposant Cegetel et les activités de VU outre-Atlantique, il a ajouté qu'il «fallait d'abord relancer une activité téléphonique forte et une ambition dans le divertissement, et on verra après ce qu'on fera des deux morceaux». «Si vous me demandez s'il existe des synergies entre ces deux groupes d'activité, je vous répondrais que non.»

Proposition approuvée

Les administrateurs de VU ont approuvé la proposition de M. Fourtou d'acheter la part de BT Group (26 %) dans Cegetel afin, notamment, de prendre le contrôle majoritaire de sa filiale de téléphonie mobile SFR et de mettre la main sur son abondante trésorerie. SFR devrait afficher un autofinancement disponible de 1,2 milliard d'euros en 2002. VU, qui disposera de la majorité de Cegetel (70 %) et de SFR (56 %), table en outre sur un dividende de 600 millions d'euros en provenance de SFR au premier trimestre 2003.

Le groupe français mettra sur la table quatre milliards pour s'adjuger la part de BT. Un véhicule financier dédié effectuera ce rachat pour ne pas alourdir la dette de VU. Il sera financé par 1,3 milliard de dette et par un apport en numéraire de 2,7 milliards.

Vodafone, qui détient 15 % de Cegetel, se proposait d'acquérir la totalité des parts restantes pour 13 milliards. Après la décision de VU de préempter celles de BT, il a retiré son offre de racheter les 44 % de VU dans Cegetel pour 6,7 milliards. Mais il va reprendre celle de SBC (15 %) et hisser sa participation à 30 % dans Cegetel et à 44 % dans SFR.

Le rachat de la part de BT ne modifiera pas le programme de cessions d'actifs de VU, ni ses objectifs financiers pour les prochaines années, a insisté M. Fourtou. VU prévoit de céder pour 16 milliards d'euros d'actif avant la fin de 2004, y compris la cession de ses 40,8 % dans Vivendi Environnement, dont il compte tirer quatre milliards avant fin 2004.

Il maintient son objectif de réduire sa dette à moins de huit milliards d'ici la fin 2004. Mais pour M. Fourtou, le «désendettement du groupe n'est pas encore résolu», même si la crise de liquidités, qui a failli l'emporter en juillet, est déjà derrière lui, s'est-il félicité.

VU pourrait nouer des alliances industrielles pour Cegetel avec Belgacom et Swisscom afin d'élargir ses marchés en Europe. M. Fourtou a parlé «d'appels du pied de Belgacom et d'autres» groupes pour une éventuelle coopération avec Cegetel, sans autre précision.