Coût total retenu: 96 millions - VSOP est devenu un gouffre sans fond pour la SAQ

C’est en septembre 2000 que ce projet d’intégration informatique au sein de la SAQ a pris forme. On parlait alors de quelque 80 systèmes internes à intégrer dans le cadre de ce chantier placé sous le nom de VSOP et lancé sous l’administration
Photo: C’est en septembre 2000 que ce projet d’intégration informatique au sein de la SAQ a pris forme. On parlait alors de quelque 80 systèmes internes à intégrer dans le cadre de ce chantier placé sous le nom de VSOP et lancé sous l’administration

Il y a un an, on craignait déjà un doublement de la facture associée au vaste chantier de l'informatisation interne à la Société des alcools. Plus que confirmé, ce gonflement se poursuit, amplifié par de nouveaux reports de la mise en oeuvre. On retient désormais la date de juillet 2003 comme devant, cette fois, être la bonne.

C'est en septembre 2000 que ce projet d'intégration informatique au sein de la SAQ a pris forme. On parlait alors de quelque 80 systèmes internes à intégrer — incluant une quarantaine dont l'implantation pouvait remonter jusqu'en 1964 — dans le cadre de ce chantier placé sous le nom de VSOP et lancé sous l'administration de Gaétan Frigon. Avec une enveloppe initiale de 15 millions haussée à 32 millions en première évaluation, puis à 50 millions en deuxième. Un an plus tard, soit en octobre 2001, il était déjà estimé que l'enveloppe finale atteindrait les 100 millions, selon les paramètres alors retenus dans le camp syndical et repris par Le Devoir.

Quant à l'échéancier, ce projet d'informatisation devait initialement être complété et fonctionnel le 1er avril 2002. Cette date cible pour le démarrage a été repoussée une première fois le 22 juin, puis en septembre de la même année. Une nouvelle date d'activation officielle avait été avancée, soit le 30 mars 2003, en espérant une livraison ultime de la «solution VSOP» en septembre 2002.

Au cours d'une entrevue au Devoir, publiée le 10 novembre 2001, Gaétan Frigon, alors p.-d.g. de la SAQ, réfutait toute allégation de dépassement, ramenant le tout au rang de la rumeur. «Je suis sur la cible. Mon budget est de 58 millions. Nous en sommes à 59,2 millions, la différence étant notre intégration à la plateforme Global Wine & Spirits. Ça va coûter 60 millions», avait-il martelé.

On situe désormais la mise en oeuvre quelque part en juillet 2003. Et le coût total du projet, à 96 millions, rejoignant ainsi le sombre pronostic formulé il y a un an. On rappelait alors, question d'illustrer l'impact financier des dépassements, que ce projet emploie quelque 190 personnes et nécessite un débours de 800 000 $ par semaine. Le nouveau report de trois mois ajoutera huit millions à la facture, chiffrait-on hier.

Celui qui a pris la relève de Gaétan Frigon, Louis Roquet, a expliqué en conférence de presse hier que le nouveau système ne pouvait pas être mis en activité en parallèle avec l'ancien puisqu'il s'agissait d'architectures différentes. «Quand tu démarres le nouveau système, tu n'as pas de parachute ou de filet de sécurité.» Le président de la société d'État a affirmé que l'implantation d'un système comptant trop de bogues risquait de paralyser les opérations. La SAQ pourrait être incapable de restocker ses magasins ou d'enregistrer certaines transactions.

La direction de la SAQ tenait à rencontrer les médias hier pour souligner la nécessité de ce projet. Le vice-président principal aux finances, Gérald Plouffe, a fait valoir que les systèmes actuels étaient peu intégrés entre eux, qu'ils ne fonctionnaient pas en temps réel et qu'ils étaient désuets. M. Roquet a soutenu, pour sa part, que le coût de remplacement de chacun de ces systèmes, individuellement, aurait été astronomique. Ainsi, le coût du seul système de gestion des entrepôts de Montréal et de Québec aurait dépassé les 10 millions.

Avec la Presse canadienne