Poursuite de 250 millions contre BCE

Toronto — Le groupe BCE est visé par une poursuite de 250 millions de dollars américains, intentée hier par une compagnie texane qui avait racheté en avril la division Excel de Téléglobe.

VarTec Telecom, de Dallas, estime que BCE l'a mal informée quant à l'ampleur du soutien financier qu'il donnerait à Téléglobe, le fournisseur de télécommunications qui s'est ensuite placé sous la protection de la Loi de la faillite après que BCE eut rompu les liens avec lui.

Un porte-parole de BCE a simplement dit que le groupe n'avait pas formellement reçu avis de l'action en justice de VarTec.

VarTec, qui vend des services de téléphonie locale et interurbaine aux États-Unis et ailleurs, avait accepté de payer 227,5 millions $US pour les activités nord-américaines d'Excel.

Suivant la plainte, BCE aurait trompé VarTec en laissant croire que «des responsabilités substantielles découlant de la transaction seraient prises en charge par une entité [Téléglobe] stable et bénéficiant du plein soutien financier et du contrôle de BCE».

Or, dans son communiqué émis hier, VarTec affirme que BCE, le premier jour ouvrable après la clôture de l'acquisition d'Excel, annonçait la fin de son soutien financier à Téléglobe.

En faillite

Jadis dirigé par l'homme d'affaires Charles Sirois, Téléglobe fut forcée de demander la protection de la Loi de la faillite au Canada, aux États-Unis et plusieurs autres pays où le fournisseur de télécommunications est implanté.

Sous la gouverne de Jean Monty, à l'automne 2000, BCE avait payé 7,6 milliards les 77 % de Téléglobe qu'il n'avait pas encore. M. Monty a dû annoncer sa démission le 24 avril dernier.

Mais BCE a dû inscrire une dévaluation de 7,5 milliards de ses intérêts dans Téléglobe. Avant cela, au début de 2001, BCE avait dévalué de deux milliards son investissement dans Excel.

Finalement, en septembre dernier, Téléglobe devait brader pour 155,3 millions US ses activités de téléphonie interurbaine.

Également hier, le groupe industriel a subi un revers de procédure devant un tribunal ontarien qui a accordé la qualification de recours collectif à une poursuite contre la filiale Bell Canada International. Tout comme Téléglobe, BCI avait connu de graves difficultés après avoir lourdement investi pour s'implanter sur des marchés étrangers.

Rachat terminé

Finalement, BCE annonçait hier avoir clos la transaction de rachat de 16 % de Bell Canada pour 4,99 milliards auprès de SBC Communications, de San Antonio, au Texas. BCE redevient ainsi propriétaire à 100 % de Bell.

À la Bourse de Toronto, l'action BCE a gagné 40 ¢ à 28,90 $.