En négociation globale avec ses créanciers - Microcell saute le versement d'intérêts dus

Engagée dans un processus de négociation globale avec ses créanciers, Microcell a décidé hier de surseoir au versement d'intérêts dus. L'entreprise, mieux connue sous sa marque de commerce Fido, dispose désormais de 30 jours pour éviter une situation de défaut de paiement.

Microcell Télécommunications a annoncé hier qu'elle n'avait pas effectué le versement de quelque 45 millions d'intérêts dus sur ses billets à escompte de premier rang, portant intérêt de 14 % et échéant en 2006. Le spécialiste de la téléphonie sans fil s'est ainsi prévalu des termes de la convention liée à ces billets, qui lui accordent un délai de 30 jours pour effectuer ce paiement et ainsi «éviter les conséquences d'un défaut de paiement», peut-on lire, dans le communiqué.

Avec des liquidités de 125 millions au 30 septembre dernier, il ne faut pas voir dans cette décision le signe que Microcell se retrouve à sec, a souligné la porte-parole. Claire Fiset a rappelé que Microcell est présentement engagée dans un processus de négociation globale avec ses créanciers. Microcell lançait, le 9 août dernier, l'avertissement voulant qu'elle croyait ne pas être en mesure d'atteindre les cibles fixées par ses créanciers garantis.

La dette totale de Microcell atteint les deux milliards. Dans l'enveloppe on retrouve une dette bancaire (garantie) atteignant 592 millions et trois séries de billets à haut rendement, non garantis, totalisant 1,4 milliard. Il y a pour 663 millions de billets échéant en 2006, pour 428 millions de billets échéant en 2007 et pour 353 millions de billets échéant en 2009, a expliqué Mme Fiset.

La dette bancaire comprend une facilité de crédit renouvelable garanti de premier rang de 257,3 millions, dont l'accès est conditionnel au respect de clauses attachées à la dette à long terme. Or, Microcell a déjà déclaré croire «qu'elle ne respectera[it] pas ces clauses restrictives au cours des 12 prochains mois et que le non-respect de certaines de ces clauses restrictives pourrait se produire dès le quatrième trimestre de 2002». Advenant cette éventualité, «les créanciers garantis de premier rang pourraient décider de priver la société de son accès aux fonds de la facilité de crédit. [...] Cela pourrait aussi produire une accélération du remboursement de la dette».

Microcell a retenu les services d'un conseiller financier (la banque Rothschild) et constitué un comité spécial de son conseil d'administration. Elle poursuit également les discussions — qualifiées de constructives — avec un comité de direction de ses créanciers garantis ainsi qu'un comité spécial des porteurs actuels de billets à haut rendement. «La Société continue à évaluer toutes les solutions possibles pour réduire ses coûts de financement et améliorer sa situation de trésorerie», a-t-elle ajouté.

Les échéanciers de plus en plus serrés ont, le 26 novembre dernier, incité l'agence américaine de notation Standard & Poor's a abaisser fortement la cote de solvabilité de Microcell. L'agence canadienne Dominion Bond Rating Service y a fait écho hier, s'inspirant du non-versement des intérêts dus pour ramener la cote de Microcell au niveau du défaut. L'agence estime que Microcell va vraisemblablement faire appel à la protection des tribunaux dans ce processus de restructuration de sa dette.