La construction continue de tourner à pleine vitesse

Le chantier de la Grande Bibliothèque du Québec, à Montréal. C’est le secteur institutionnel et commercial qui compte pour la plus grande part de l’industrie, soit 50 % des heures de travail et des investissements de quatre milliards dans les hô
Photo: Jacques Grenier Le chantier de la Grande Bibliothèque du Québec, à Montréal. C’est le secteur institutionnel et commercial qui compte pour la plus grande part de l’industrie, soit 50 % des heures de travail et des investissements de quatre milliards dans les hô

Si l'industrie de la construction a connu une bonne année en 2002, elle devrait atteindre en 2003 un niveau inégalé depuis 10 ans.

Le niveau d'activité de cette industrie a crû de 9 % en 2002, par rapport à 2001, ce qui a «surpassé nos attentes», a affirmé hier André Ménard, président-directeur général de la Commission de la construction du Québec, lors d'une conférence devant les gens de l'industrie à Montréal. La construction au Québec est une industrie de 22 milliards, a-t-il précisé.

En 2003, le niveau d'activité devrait grimper à 105 000 000 heures de travail, soit une croissance de 7 %. «Il faut remonter à 1991 pour constater un tel niveau d'activité, a mentionné M. Ménard. La construction est le fer de lance de la croissance économique de tout le Québec.»

La commission a brossé un portrait détaillé des quatre secteurs de l'industrie de la construction, à savoir le résidentiel; l'industriel; l'institutionnel et le commercial; ainsi que le génie civil et la voirie.

La palme au secteur institutionnel

et commercial

C'est le secteur institutionnel et commercial qui compte pour la plus grande part de l'industrie, soit 50 % des heures de travail et des investissements de quatre milliards dans les hôtels, centres de congrès, cinémas, bibliothèques, musées, palais de justice, hôtels de ville, laboratoires et autres.

En 2002, l'institutionnel et le commercial devraient avoir généré ensemble 51 000 000 d'heures de travail, un niveau inégalé depuis 1988. Pour 2003, la CCQ s'attend à ce que le commercial fasse une pause, pendant que l'institutionnel se réactivera.

Le secteur industriel, un «secteur extrêmement instable» aux dires de l'économiste Joseph Jetten, devrait connaître en 2003 «une reprise vigoureuse», grâce à des chantiers comme Alcoa à Baie-Comeau, la phase 2 d'Alouette à Sept-Îles, la Kruger à Trois-Rivières et la Gaspésia à Chandler. Les heures de travail devraient grimper dans ce secteur de 23 % en 2003 par rapport à 2002.

Le secteur du génie civil et de la voirie — métro, routes, infrastructures, projets hydroélectriques — a connu une relance en 2002 et les investissements devraient s'y maintenir en 2003. Les programmes d'infrastructures Québec-Canada, de même que le programme d'accélération des investissements publics ont bien joué leur rôle. En 2003, ce secteur devrait générer 20 000 000 heures de travail, une hausse de 18 %.

Le secteur résidentiel — maisons, copropriétés, appartements — devrait enregistrer 42 000 mises en chantier en 2002 et 43 000 en 2003, «ce qui ne s'est pas vu depuis longtemps», a mentionné Pauline Dupuis, économiste à la CCQ. Cette construction est toutefois «une affaire de grands centres», la moitié des mises en chantier prenant forme dans la région de Montréal.

Toutes les régions ne seront pas touchées également par l'activité de la construction. La Côte-Nord connaîtra littéralement «un boom», selon la Commission de la construction, grâce à des projets comme Alcoa, à Baie-Comeau.

Les ouvriers de la construction continueront d'être très demandés en 2003, particulièrement les chaudronniers, mécaniciens de chantier, mécaniciens de machines lourdes, opérateurs d'équipements lourds, opérateurs de pelles mécaniques, monteurs d'acier de structure et grutiers.

Les besoins sont estimés à 8000 travailleurs par année, la moitié de la demande provenant du remplacement des départs et prises de retraite, l'autre moitié provenant de la croissance des activités. Au total, 112 000 travailleurs oeuvreront dans l'industrie en 2003, comparativement à 107 000 en 2002.

Jean-Luc Pilon, directeur recherche et organisation, a dit croire que «le potentiel à moyen terme est bon» pour la construction au-delà de 2003. «Le sommet du cycle n'est pas atteint. On s'attend encore à des bonnes années, au moins pour une ou deux années encore.»