En attendant le vote des employés - United Airlines évite la faillite

Washington — United Airlines (UAL), la deuxième compagnie aérienne américaine, a paré au plus pressé devant la menace de faillite en parvenant hier à un accord de principe avec le syndicat des mécaniciens sur un plan de restructuration, mais le vote de la base sera déterminant.

United Airlines a annoncé hier être parvenue dans la nuit à un accord de principe avec les représentants des mécaniciens, qui avaient rejeté une première mouture de l'accord. Le nouveau texte sera soumis jeudi au vote de quelque 13 000 employés de maintenance et apparentés, membres du syndicat des machinistes américains (IAM).

Un rejet

Leur vote est crucial, puisqu'ils avaient refusé jeudi la première version des réductions salariales, pourtant négociée par leur syndicat, qui ouvrait la voie à des économies estimées entre 600 et 700 millions $US. Les dirigeants de leur section syndicale leur ont «vivement recommandé», dans une lettre hier, de ratifier le texte, «puisque c'est la dernière occasion pour éviter la faillite».

En rejetant la première version, beaucoup de mécaniciens avaient exprimé leur mécontentement sur «la qualité de vie au travail», a rappelé le président de la section, Scotty Ford. Mais, puisque la direction s'est engagée à prendre en compte ce problème et qu'elle a assoupli les concessions salariales, en laissant les employés choisir les quatre jours de l'année où ils ne seront pas payés, la nouvelle mouture devrait être acceptée, a-t-il ajouté en substance.

Cet appel est de nature à faire basculer du côté du «oui» les mécaniciens, qui avaient voté le rejet à une petite majorité de 57 %. Un refus risquerait de mettre en péril l'ensemble du plan de restructuration négocié par UAL pour ses 84 000 employés, dont les représentants ont accepté chacun leur tour de rogner sur la feuille de paie — à la condition que toutes les autres catégories le fassent aussi.

Une partie des accords a été ratifiée par la base (pilotes et personnels navigants notamment) de cette entreprise détenue à 55 % par ses salariés.

Économiser 5,2 milliards

Le but, pour la compagnie, est d'économiser 5,2 milliards sur les salaires en cinq ans et demi, condition sine qua non pour convaincre les autorités fédérales de lui apporter une garantie pour un prêt de 1,8 milliard $US. United Airlines, ébranlée par la chute de fréquentation de ses lignes après les attentats du 11 septembre 2001, compte ainsi échapper à la protection de la Loi sur les faillites («Chapitre 11»).

Mais les échéances se rapprochent. Hier était la date butoir pour le remboursement d'un prêt de 375 millions, et le PDG Glenn Tilton avait averti au début du mois que la mise en faillite pourrait être demandée ce jour-là. UAL pourrait toutefois profiter d'un délai de grâce de 10 jours ouvrables, ce qui reporterait l'échéance au 16 décembre. La compagnie devait communiquer sa position sur ce point dans la journée.

N'écartant pas la possibilité d'une mise en faillite, UAL négocie d'ailleurs avec quatre créanciers, selon le quotidien Wall Street Journal, pour s'assurer des financements spécifiques au régime des faillites de quelque 1,5 milliard.

La compagnie perd en ce moment sept millions par jour, selon l'agence Standard and Poor's.

L'annonce de l'accord de principe avec les mécaniciens a en tout cas apporté une bouffée d'air au titre d'UAL, qui bondissait de 35 % à 3,31 $US en mi-séance. L'action avait plongé de plus de 30 % en clôture vendredi.