OMC: l'Europe a le beau jeu, croit Peter Mandelson

«Sur le plan diplomatique, l’Europe est en forte position. Nous sommes vus comme les grands champions de ce processus multilatéral», a déclaré le commissaire européen au Commerce, Peter Mandelson, aux ministres des Affaires étrangères des 27 r
Photo: Agence France-Presse (photo) «Sur le plan diplomatique, l’Europe est en forte position. Nous sommes vus comme les grands champions de ce processus multilatéral», a déclaré le commissaire européen au Commerce, Peter Mandelson, aux ministres des Affaires étrangères des 27 r

Bruxelles — Le commissaire européen au Commerce Peter Mandelson a estimé hier que l'Union européenne (UE) était en «forte position» dans les négociations à l'OMC après les dernières propositions de l'organisation commerciale internationale pour débloquer la situation.

«Sur le plan diplomatique, l'Europe est en forte position. Nous sommes vus comme les grands champions de ce processus multilatéral», a déclaré M. Mandelson aux ministres des Affaires étrangères des 27 réunis à Bruxelles, selon une copie de son discours transmise à la presse.

«Ce qui est intéressant à ce stade, c'est que l'UE est l'un des acteurs les moins décriés [des négociations], ce qui est inhabituel, vu à quel point nous avons été la cible [de critiques] depuis 18 mois», a-t-il ajouté.

Dans ces négociations dites du cycle de Doha, qui durent depuis six ans, l'UE a été longtemps critiquée pour ne pas faire assez de concessions sur l'agriculture.

Mais les négociateurs de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) ont avancé la semaine dernière de nouvelles propositions demandant davantage d'efforts aux États-Unis et aux pays en développement.

M. Mandelson a jugé que l'UE devait continuer à faire pression sur les pays en développement pour qu'ils abaissent leurs droits de douane sur les produits industriels, tout en reconnaissant qu'ils ne le feraient pas si les États-Unis ne réduisaient pas de leur côté leurs subventions agricoles.

«Nous devons continuer à batailler ferme pour les droits sur les produits industriels», a-t-il affirmé. «Il n'y a pas de raison de penser que les négociations n'évolueront pas en notre faveur».

Sur la question clé des subventions à l'agriculture, M. Mandelson a estimé que les propositions de l'OMC étaient «gérables», même si elles étaient trop exigeantes pour les «produits sensibles».

Gordon Brown «va travailler très dur»

Le premier ministre britannique Gordon Brown a assuré hier lors d'une conférence de presse qu'il allait «travailler très dur pour s'assurer qu'un accord ait lieu» dans le cadre du cycle de négociations de Doha.

«Je crois, après avoir parlé à toutes les parties concernées, qu'il y a un terrain d'entente commun entre les principaux négociateurs — l'Union européenne, les États-Unis, l'Inde et le Brésil — et que cet accord est possible» a déclaré le Premier ministre.

Selon lui, si les États-Unis pouvaient cesser les subventions, l'UE baisser les taxes et le Brésil changer sa politique protectionniste dans le secteur industriel, il serait «possible d'obtenir un accord dans les prochaines semaines ou prochains mois».

Au cours de sa première conférence de presse mensuelle en tant que premier ministre, Gordon Brown a fait part de ses craintes, estimant que si un accord n'était pas trouvé avant la fin de l'année, «dans diverses parties du monde, les gens replongeraient dans le protectionnisme».

«Un accord mondial sur le commerce enverrait le message qu'aucun pays important dans le monde ne veut que cela arrive» a-t-il renchéri.

Pourtant du côté français, le ministre du commerce extérieur, Hervé Novelli a estimé que les dernières propositions américaines sur les subventions aux agriculteurs américains étaient insuffisantes pour parvenir à un règlement. «Il y a encore beaucoup de travail à faire pour parvenir à un accord global» a insisté M. Novelli.

Par ailleurs, le premier ministre britannique a réitéré la position du Royaume-Uni concernant la monnaie unique européenne pour la première fois depuis son entrée en fonction le 27 juin.

«Nous n'allons ni proposer de lancer une nouvelle évaluation, ni de rejoindre l'euro à ce stade», a-t-il déclaré, ajoutant qu'à son avis, «l'Europe, pour aller de l'avant dans une intégration à l'économie mondiale, devait regarder à l'extérieur et non à l'intérieur» de ses frontières.

Lorsqu'il était ministre des Finances, Gordon Brown réputé plus «eurosceptique» que Tony Blair, avait établi cinq critères pour être sûr que rejoindre la zone euro serait dans l'intérêt de l'économie britannique.

Les négociateurs des États membres de l'OMC doivent se rencontrer à Genève cette semaine pour confronter leurs positions face aux dernières propositions. Après une pause en août, les négociations reprendront en septembre.

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