Volkswagen Rabbit et GTI - Le gentil lapin et le méchant lièvre

Le punch foudroyant du moteur de 200 chevaux de la GTI est une incitation constante à la délinquance. Si on n’y prend garde, l’enthousiasme croissant avec l’usage, les points du permis de conduire pourraient s’évaporer rapidement.
Photo: Le punch foudroyant du moteur de 200 chevaux de la GTI est une incitation constante à la délinquance. Si on n’y prend garde, l’enthousiasme croissant avec l’usage, les points du permis de conduire pourraient s’évaporer rapidement.

Après un hiatus de plus de 22 ans, Volkswagen a ressuscité l'an dernier l'appellation Rabbit. À l'origine, ce nom avait été utilisé de 1975 à 1984 pour la mise en marché nord-américaine de la première génération d'une voiture qui se dénommait Golf partout ailleurs dans le monde. Plus tard, on décida d'harmoniser la nomenclature en employant le nom Golf, peu importe le continent. Entre-temps, on avait aussi vu apparaître la GTI, une version survitaminée de la Golf qui est rapidement devenue l'archétype de ce type de mini-bombe de la route.

Avec l'arrivée récente sur notre marché de voitures sous-compactes compétitives, Volkswagen aurait pu choisir d'importer ici sa Polo, et même sa Lupo, deux modèles plus compacts que la Golf, et qui sont déjà commercialisés en Europe. Au lieu de cela, Volkswagen a décidé de maintenir sur le marché une version très dépouillée de sa Golf de quatrième génération, rebaptisé Golf City pour l'occasion, en la repositionnant à prix d'aubaine.

Afin de raviver l'intérêt des Américains qui boudent massivement ce type de voiture et, aussi, pour différencier la cinquième génération de la Golf de sa trop vivace devancière, on a ressorti le nom Rabbit de la naphtaline. Vous suivez toujours? Sachez encore que l'économique Rabbit est désormais proposée avec un choix de carrosseries trois ou cinq portes, tout comme la performante GTI d'ailleurs. Mis à part quelques éléments externes et des détails dans l'habitacle, la différence entre les deux modèles se situe principalement au niveau du groupe motopropulseur, de la monte pneumatique, ainsi que du prix exigé qui est substantiellement plus élevé dans le cas de la GTI. Visuellement, l'élément distinctif le plus marquant est certainement le traitement de la face avant: la Rabbit arbore le rictus souriant d'un gentil petit lapin, alors que la GTI cherche à impressionner avec sa calandre à deux niveaux cerclés de noir et de rouge. Attention! Gros méchant lièvre enragé!

Plus ronde

Avec leur physionomie plus ovoïde, le duo Rabbit/GTI rompt avec les formes équarries de ses devancières. Méconnaissable, la voiture paraît maintenant plus petite qu'auparavant, mais ce n'est qu'une illusion: ses dimensions générales se sont accrues de quelques centimètres dans toutes les directions, tandis que sa masse a augmenté de plus de 100 kg, atteignant près de 1400 kg. À chaque génération, la Rabbit (ou la Golf si vous préférez...) a pris de l'embonpoint. À son arrivée chez nous, en 1975, la Rabbit originale pesait moins de 900 kg, elle mesurait 40 cm de moins, et elle était mue par un moteur de 70 ch. La première GTI pouvait se targuer d'offrir un moteur de 110 chevaux!

Devant compenser pour son excédent pondéral, la nouvelle Rabbit se voit dotée d'un nouveau moteur à cinq cylindres de 2,5 l de 175 ch. On aurait préféré que Volkswagen raffine son vieux quatre cylindres plutôt que de créer un moteur plus gros, qui consomme plus, et dont les pistons sont en nombre impair, ce qui est rarement une bonne idée, surtout si ledit moteur n'est pas turbocompressé. Comme la plupart des cinq cylindres, sa sonorité est désagréable, particulièrement au-dessus de 3000 tr/min. Son rendement m'a cependant semblé plus acceptable que dans la nouvelle Jetta puisque le rapport poids/puissance est plus favorable.

Les amateurs de grosse huile épaisse, qui pue et qui tache, seront heureux de savoir que le moteur diesel fera son retour dans la Rabbit, probablement au printemps prochain. On attend, alors, un 2 l de 140 ch et qui répondra aux toutes dernières normes antipollution. La GTI, quant à elle, est propulsée par un quatre cylindres turbocompressé de 2 l qui se jumelle à une boîte à six rapports, qu'elle soit automatique de type DSG ou manuelle. Ce 2 l turbo est un moteur fantastique, doux et onctueux, qui possède une rare vitalité. De plus, il consomme moins de carburant que le 2,5 L de la Rabbit. Malheureusement, pour en bénéficier il faut investir les 10 000 $ supplémentaires exigés pour la GTI. Ni ce moteur, ou les quelques bricoles qui décorent la GTI, ne peuvent justifier une telle somme.

Sensualité teutonne

L'habitacle est sobre et bien fini, dans la plus pure tradition germanique et les matériaux qui le garnissent sont d'excellente facture. La combinaison de sièges très confortables aux multiples ajustements avec une colonne de direction télescopique et réglable en hauteur permet d'obtenir une position de conduite impeccable. La présentation des contrôles est simple, voire simpliste, ce qui à mon sens est une grande qualité. À bord d'une voiture, rien ne vaut la sérénité qu'apporte un tableau de bord à l'ergonomie intuitive! Si l'on prévoit transporter fréquemment des passagers à l'arrière, mieux vaut éviter la version à trois portes: les baquets avant sont un peu laborieux à manoeuvrer et à replacer. Par ailleurs, les places arrière sont tout à fait convenables pour une compacte.

Cela nous amène à l'inévitable question: faut-il acheter une Rabbit ou se contenter d'une Golf City au prix beaucoup plus alléchant? Disons que ceux qui souhaitent payer le moins possible pour une petite Volkswagen seront attirés par la Golf City, tandis que ceux qui cherchent une voiture bien équipée feront une meilleure affaire avec la Rabbit. En effet, alors que la Golf City offre le dépouillement total pour moins de 15 000 $ (tout est en option...), la Rabbit propose une brochette d'équipement très complète pour un tarif juste en deçà des 20 000 $, et cela va d'une multitude de coussins gonflables jusqu'aux rétroviseurs extérieurs chauffants à commande électrique.

Envoûtement

Les voitures Volkswagen ont toujours eu le secret de rendre heureux leurs conducteurs dès qu'ils en prennent le volant. C'est là que la magie opère: l'agrément de conduite est au rendez-vous, que l'on roule en ville, sur l'autoroute ou sur une petite route de campagne tortueuse. Mise à part la sonorité nasillarde du moteur

2,5 l, tout dans le comportement de cette voiture semble conçu pour vous provoquer un large sourire. Et ça s'aggrave avec la GTI: le punch foudroyant de son moteur de 200 ch est une incitation constante à la délinquance. Si on n'y prend garde, l'enthousiasme croissant avec l'usage, les points du permis de conduire pourraient s'évaporer rapidement.

Malgré les qualités évidentes de la Rabbit et de la GTI, il est bien difficile de recommander à quiconque l'achat d'un produit Volkswagen, car leur fiabilité est aussi aléatoire que la compétence du service que l'on reçoit chez les différents concessionnaires de la marque. Certains d'entre eux font un travail honorable, alors que d'autres semblent déterminés à vous faire regretter votre choix en vous vaccinant à vie contre l'envie d'acheter une Volkswagen. Aussi faut-il choisir son point de vente avec circonspection, et ne pas hésiter à faire son enquête, au préalable, auprès de propriétaires de voitures Volkswagen.

Collaborateur du Devoir

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FICHE TECHNIQUE

Volkswagen Rabbit et GTI

- Moteur: I5 2,5 l (GTI: I4 2,0 lturbocompressé)

- Puissance: 150ch / 170 lb-pi (GTI: 200 ch / 207 lb-pi)

- 0 à 100 km/h: 9,4 s (GTI: 7,2 s)

- Vitesse maximale: 200 km/h (200 km/h)

- Consommation: 9,5 L/100 km (GTI: 8,8 l/100)

- Échelle de prix: 19 990 $ (Rabbit 3p.) à 36 000 $ (GTI 5p., DSG, Cuir, roues 18 po).

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