La Mazda 3: toujours en forme

La Mazda 3 est une sorte d’antidote à l’ennui que provoque la conduite de l’immense majorité des voitures compactes.
Photo: La Mazda 3 est une sorte d’antidote à l’ennui que provoque la conduite de l’immense majorité des voitures compactes.

La Mazda 3 est engagée dans une lutte sans merci avec ses deux grandes rivales, la Honda Civic et la Toyota Corolla, pour la domination de la catégorie des voitures compactes. À l'automne, sa version actuelle, lancée en 2003, entamera sa dernière année sous cette forme, avant de subir une refonte en profondeur.

Pour se différencier de ses concurrents, la marque Mazda a choisi une orientation délibérément sportive qui met en valeur l'agrément de conduite et le niveau de performance de ses voitures. La Mazda 3, avec son tempérament espiègle et enjoué, est un pur produit de cette approche. Ainsi, la 3 est une sorte d'antidote à l'ennui que provoque la conduite de l'immense majorité des voitures de cette catégorie. Notoirement reconnus dans toute l'Amérique du Nord pour leur conduite, disons, «latine», les Québécois ont bien vite compris l'esprit de la Mazda 3 pour en faire leur enfant chérie, car elle a réussi à séduire un large public. Bien que la Mazda 3 soit en fin de carrière, son succès ne se dément pas: en 2007, elle affiche des chiffres de ventes canadiens qui sont en hausse de 20 % par rapport à ceux de l'an dernier.

Controversée ou pas?

Deux types de carrosserie proposés pour la Mazda 3: une berline qui possède des lignes sobres et harmonieuses, ainsi qu'une version à cinq portes qui affiche des formes un peu plus tourmentées. Cette dernière sème la controverse, car on aime ou déteste franchement la ligne étrange de cette espèce de familiale que Mazda n'ose pas nommer ainsi. Par la forme fuyante de son pavillon qui se prolonge vers l'arrière, la version berline dispose d'un coffre dont l'ouverture est assez limitée. Bien que j'aie une préférence pour le style plus consensuel de la berline, j'opterais pour la version à cinq portes, plus logeable, pour des considérations pratiques. Le dessin des boucliers des pare-chocs avant et arrière a été revu pour 2007, sans pour autant s'être débarrassé de ce défaut qu'ont plusieurs autres produits Mazda: une large calandre inférieure qui est très vulnérable en stationnement urbain. La moindre fausse manoeuvre vous enverra enrichir votre carrossier favori.

L'intérieur de l'habitacle est bien ficelé. Il n'y a rien à redire sur la qualité de la finition, et l'ensemble donne l'impression de s'asseoir dans une voiture de catégorie supérieure, surtout si l'on opte pour la sellerie de cuir. Il faut aimer le noir, par contre, car tout cela est très sombre. La seule touche de couleur provient de l'éclairage rougeâtre du tableau de bord. Grâce à une colonne de direction réglable et télescopique, la position de conduite légèrement surélevée est aussi agréable que rassurante. Les places arrière sont correctes, sans plus, pour la catégorie. Par ailleurs, la qualité de l'insonorisation laisse fortement à désirer, particulièrement au niveau des passages de roue. Au printemps, le moindre impact de gravillon se propage dans l'habitacle et l'intense crépitement que cela provoque donne l'impression de toujours rouler sur une route de gravier. Il en est de même pour le coffre de la berline, puisque tous les bruits de son contenu qui s'entrechoque se répercutent dans la cabine.

Consommation «behaviorale»

Les versions de base GX et GS sont pourvues d'un moteur de 2 litres alors que les versions plus étoffées ont droit au pétillant 2,3 litres. Mis au point pour favoriser l'agrément et la convivialité, ces moteurs sont plus plaisants à utiliser qu'un moteur de plus faible cylindrée, comme celui d'une Honda Civic, par exemple, qui est totalement creux sous les 2500 tr/min. mais nettement plus frugal.

Les moteurs quatre cylindres de la Mazda 3 ont une consommation d'essence qui s'accroît rapidement, bien au-delà des chiffres publiés si l'on se laisse emporter, ce qui n'arriverait jamais au volant d'une Toyota Corolla, dont le moteur rêche manque d'entrain. Mais cela peut aussi être imputable au tempérament sportif de la Mazda 3, et au comportement enthousiaste qu'il induit chez ses propriétaires. Ainsi, la Mazda 3 ne fait pas juste «vroom-vroom», comme le dit la publicité, elle fait aussi «glou-glou» une fois arrivée à la pompe! Et pour ceux qu'une consommation de carburant abusive ne scandalise pas et qui placent la performance en tête de leurs critères, Mazda a cru bon ajouter la Mazdaspeed3 au sommet de la gamme. Cette variante super vitaminée de la Mazda 3, est munie d'un moteur turbocompressé à injection directe d'essence qui produit 263 chevaux et un couple ahurissant — dans une voiture compacte, il est bon de le rappeler — de 280 lb-pi. Un système de gestion électronique très évoluée du couple moteur vient dompter la bête, en assurant une livraison linéaire et contrôlée de la puissance. Sans ce dispositif, la Mazdaspeed3 grimperait sûrement aux lampadaires! Quant au prix exigé pour cette version très spéciale de la Mazda 3 disons que, à plus de 30 000 $, il y a aussi de quoi grimper aux lampadaires...

Maniable et sécuritaire

Le plaisir de conduire et la maniabilité, surtout en ville, sont la marque de commerce de la Mazda 3. En conduite urbaine, le couple généreux du moteur 2,3 litres permet «d'en garder sous la pédale» sans avoir à constamment ramer avec le levier de vitesse. En passant, la boîte manuelle est un vrai charme. En virage, la Mazda 3 s'accroche bien, mais il faut tout de même garder en tête qu'il ne s'agit pas d'une véritable voiture sport, car, si on la pousse un peu trop, on peut sentir un léger effet de couple conséquent à la perte d'adhérence de la roue avant intérieure. En 2007, les rideaux de sécurité latéraux ont été ajoutés à l'équipement de base, tout comme les freins antiblocage et le système de répartition de freinage électronique.

Succès mérité

Le succès de la Mazda 3 est pleinement mérité: mis à part son appétit pour les produits pétroliers et son insonorisation un peu légère, cette voiture très homogène n'a pas de défaut majeur, et elle fait tout très bien. Bien que le modèle actuel arrive à la fin de son cycle de vie, il n'en reste pas moins que la Mazda 3 est, globalement, plus agréable à conduire, plus facile à vivre au quotidien, et mieux dessinée que ses rivales. Son comportement routier est aussi sain qu'engageant, et elle est maintenant plus sécuritaire qu'avant. Dans sa catégorie, elle reste donc un choix de premier plan.

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FICHE TECHNIQUE - Mazda 3

- Moteurs: I4 2,0 litres, (aussi offerts I4 2,3 litres, et I4 2,3 litres turbo)

- Puissance: 148 ch/135 lb-pi (156 ch/150 lb-pi 2,3 litres; 263ch/280 lb-pi Mazdaspeed3)

- 0 à 100 km/h: 9,4s (8,8 sec 2,3 litres; 6,1 sec Mazdaspeed3)

- Vitesse maximale: 188 km/h (240 km/h Mazdaspeed3)

- Consommation: 7,8 L/100km (8,7 L/100km 2,3L; 10,6 L/100 km Mazdaspeed3)

- Échelle de prix : 16 795 $ (GX 2,0L), 22 845 $ (GT 2,3L) et 30 995 $ (Mazdaspeed3)

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