Église unie St. James: l'entrepreneur a une proposition pour ses créanciers

C’est un contrat pour la réfection de l’église unie St. James à Montréal qui est la cause des malheurs de L. M. Sauvé.
Photo: Pascal Ratthé C’est un contrat pour la réfection de l’église unie St. James à Montréal qui est la cause des malheurs de L. M. Sauvé.

Paul Sauvé et les membres de sa famille veulent absolument éviter la fermeture de L. M. Sauvé, l'entreprise fondée par le grand-père il y a 53 ans. Vendredi prochain, il y aura l'assemblée des créanciers, au cours de laquelle le syndic dit avoir l'intention de présenter «une proposition concordataire qui leur remportera beaucoup plus» que s'ils se repliaient sur l'option de la faillite pure et simple. Pour inciter les créanciers à accepter la proposition, la famille Sauvé a décidé à l'unanimité d'ajouter 250 000 $ à la proposition.

La dette totale de L. M. Sauvé 1964 Ltd se situe entre 6,5 et sept millions. C'est un contrat pour la réfection de l'église unie St. James à Montréal qui est la cause des malheurs de l'entreprise. Le contrat était de 6,1 millions, mais il y a eu des dépassements de coûts de 2,2 millions que L. M. Sauvé a dû assumer jusqu'à maintenant. Des sous-traitants se sont plaints de ne pas avoir été payés et il a fallu recourir à la Loi sur les arrangements avec les créanciers, en espérant trouver une solution à cette situation de crise. M. Sauvé comptait sur des subventions supplémentaires du gouvernement du Québec, mais, a-t-il expliqué hier, le délai alloué était beaucoup trop court pour recevoir à temps les sommes espérées. M. Sauvé ne cache pas sa déception à l'égard de la formule du partenariat public-privé telle qu'elle a été appliquée dans son cas. «Nous voulons nous concentrer sur la maçonnerie et ne pas aller dans des PPP déguisés», disait-il hier.

Quoi qu'il en soit, le syndic, Litwin Boyadjian, entend présenter une proposition qui permettrait aux créanciers de récupérer un montant de 10 ¢ à 50 ¢ pour chaque dollar qui leur est dû. Le montant variera en fonction des sommes recevables qu'il pense pouvoir récupérer; parmi celles-ci, il y aurait l'aide gouvernementale additionnelle. Pour ce qui est du montant de 250 000 $ ajouté par la famille Sauvé, sans qu'il y ait aucune obligation légale de le faire, M. Sauvé reconnaît qu'il s'agit d'un montant modeste, mais, explique-t-il, il s'agit d'un geste pour démontrer que «la compagnie veut survivre» et faire en sorte qu'il y ait bientôt à l'oeuvre une quatrième génération de Sauvé. En outre, cette entreprise fournit en période de pointe du travail à une centaine de maçons. Dès le début de juin, il y aurait de 85 à 90 maçons au travail.

Pour sa part, le syndic tentera vendredi prochain de faire toute la lumière dans ce dossier, en ouvrant les livres de l'entreprise et en expliquant les causes et les conséquences occasionnées par ce contrat à l'église St. James. Parmi les 275 créanciers concernés par cette affaire, on retrouve plusieurs fournisseurs importants dans le domaine de la construction, tels que Ravary, BMR, Rona, Home Dépôt, des carrières de pierre, etc.